Afghanistan: attaque talibane contre une ONG à Kaboul

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Des membres de forces de sécurité afghanes lors d'une attaque dans le centre de Kaboul, le 20 avril 2019 en Afghanistan. (AFP)
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Des membres de forces de sécurité afghanes lors d’une attaque dans le centre de Kaboul, le 20 avril 2019 en Afghanistan. (AFP)
Les talibans ont revendiqué mener mercredi dans le centre de Kaboul une attaque toujours en cours contre l’ONG Counterpart international, un bilan encore provisoire faisant état d’au moins neuf blessés.

Mise à jour 09/05/2019, 9h27

Le bilan de l’attaque contre l’ONG américaine Counterpart international mercredi à Kaboul, revendiquée par les talibans, a été revu à la hausse et s’élève à neuf morts, a indiqué jeudi le ministère de l’Intérieur afghan.

Parmi les personnes décédées figurent quatre policiers, un membre des forces spéciales, un gardien des locaux sécurisés de Counterpart international et trois civils, membres de l’ONG américaine Care international, voisine de Counterpart. Vingt  civils ont également été blessés.

Une forte explosion a secoué mercredi peu avant midi (07H30 GMT) le centre-ville de Kaboul, la police la localisant dans un premier temps dans une zone où se trouvent de nombreux commerces, locaux d’ONG ainsi qu’un bâtiment des Nations unies.

Des journalistes de l’AFP ont entendu l’explosion, dont il n’est pas établi si elle est le fait d’un kamikaze ou d’une voiture piégée, et vu de la fumée s’élever dans le ciel de la capitale afghane.

Selon Nastrat Rahimi, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, l’explosion est survenue contre les bâtiments de l’ONG Counterpart international qui jouxte les bureaux du Procureur général, précisant que des échanges de tirs sont en cours.

« Des agresseurs sont entrés dans le complexe de l’ONG. La police a encerclé la zone et les opérations se poursuivent », a-t-il ajouté.

Les talibans ont revendiqué l’attaque, leur porte-parole Zabihullah Mujahid indiquant sur Twitter que l’attaque visait à frapper Counterpart International, affirmant que l’ONG était impliquée dans des activités « nuisibles » et liée à l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID).

« Counterpart a mis en oeuvre un programme dangereux appelé Angel qui vise à promouvoir la mixité entre les hommes et les femmes », a-t-il indiqué dans un second tweet.

Selon le site internet de Counterpart international, fondée en 1965 par une actrice australienne, Betty Bryant Silverstein, et un prêtre mariste, l’ONG qui a des activités dans le monde entier développe depuis 2005 en Afghanistan des programmes de soutien à la société civile.

Au moins neuf blessés ont été transportés dans les hôpitaux de Kaboul, a indiqué dans un communiqué le porte-parole du ministère de la Santé, Wahidullah Mayar.

Les urgences de l’hôpital de Kaboul ont indiqué sur Twitter traiter 15 blessés.

Mais ces bilans ne sont que provisoires.

« Grosse détonation »

Le ministère de l’Intérieur a indiqué avoir secouru « 150 employés de Counterpart » et découvert sur les lieux une voiture piégée dont ils entendaient déclencher l’explosion à distance après avoir sécurisé la zone.

D’importants embouteillages sont en cours dans la capitale afghane.

« J’étais dans mon bureau quand j’ai entendu une grosse détonation, toutes nos fenêtres se sont brisées », a témoigné auprès de l’AFP Akbar Khan Sahadat, un procureur qui se trouvait dans ses bureaux au moment de l’explosion.

« Nous sommes sortis en courant de l’immeuble et j’ai entendu des tirs d’armes à feu et des explosions de grenades à proximité », a-t-il ajouté.

« Nous étions à l’intérieur du bâtiment lorsqu’un grand bruit s’est produit et par la fenêtre j’ai vu un incendie dans un bâtiment adjacent », a indiqué à l’AFP Zarmina, une femme de ménage du bureau du procureur général, affirmant que l’explosion n’a pas visé le bâtiment où elle se trouvait.

Cette explosion dans la capitale afghane survient alors que les Etats-Unis et les talibans mènent depuis mercredi des pourparlers de paix à Doha où les deux parties semblent buter sur la question centrale du calendrier de retrait des forces américaines.

Le président Ashraf Ghani, dont le gouvernement est tenu à l’écart de ces discussions bilatérales, avait appelé la semaine dernière les talibans à un cessez-le-feu pour le premier jour du ramadan, lors d’un discours à l’issue de la « loya jirga », vaste assemblée qui avait rassemblé des milliers de hauts dignitaires afghans à Kaboul.

Il a renouvelé cet appel lundi dans un message vidéo à l’occasion de l’ouverture du ramadan.

Mais les combats se poursuivent dans le pays. Dimanche les talibans ont revendiqué l’attaque d’un poste de police dans une province du nord du pays, tuant au moins 13 policiers et blessant 55 personnes, dont de nombreux civils.