Andrew Leslie tire sa révérence et témoignera au procès de Mark Norman

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Le député libéral et ancien commandant de l'armée, Andrew Leslie, qu'on voit icien comoagnie du premier-ministre Trudeau, et qui a annoncé le 1er mai qu'il ne se représentera pas, a offert de témoigner au procès à venir du vice-amiral Mark Norman pour abus de confiance. (Twitter/@AndrewLesliesMP)
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Le vice-amiral Mark Norman. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Le député libéral et ancien commandant de l’armée, Andrew Leslie, qui a annoncé mercredi 1er mai qu’il ne porterait pas les couleurs du parti libéral aux prochaines élections, a offert de témoigner au procès à venir du vice-amiral Mark Norman pour abus de confiance.

«Pendant 40 ans j’ai servi le Canada comme soldat et comme parlementaire, et après mûre réflexion — alors que j’étais en convalescence après une chirurgie à l’épaule — j’ai pris la décision qu’il était temps pour moi de prendre une nouvelle direction», a écrit le parlementaire quelques jours auparavant, soit mercredi 1er mai, dans une déclaration publiée sur son site Internet.

«En conséquence, je ne me représenterai pas à la prochaine élection et j’ai démissionné de mes fonctions de secrétaire parlementaire afin de donner cette opportunité à un autre collègue» , ajoute Andrew Leslie dans sa déclaration.

L’ex-commandant de l’armée représente encore jusqu’aux prochaines élections législatives fédérales en octobre 2019, la circonscription d’Orléans, dans la banlieue d’Ottawa, où réside le vice-amiral, avec qui il a travaillé dans les Forces armées canadiennes.

Le vice-amiral Mark Norman a été accusé en mars 2018 d’abus de confiance pour avoir présumément divulgué des informations confidentielles sur les délibérations du cabinet, la Couronne alléguant que l’ex-commandant de la Marine et ex-vice-chef d’état major de la Défense aurait tenté de saper et d’influencer le processus décisionnel du cabinet fédéral.

L’enquête qui a mené à ces accusations a vu le jour en décembre 2015 lorsque la GRC a reçu une plainte alléguant que des documents confidentiels du Cabinet au sujet du contrat du navire de soutien Astérix de Chantier Davie aient fait l’objet de fuites.

Aujourd’hui, le navire vogue sur les mers du monde, accompagnant les navires de la Marine royale canadienne et leur permettant d’accomplir leur mission, et Mark Norman est vu par plusieurs, civils comme militaires, comme la victime d’un déplorable cafouillage politique.

L’Astérix lors de son voyage inaugural de Québec à Halifax le 25 décembre 2017. (Archives/Groupe CNW/Chantier Davie Canada Inc.)

Quant à Andrew Leslie, on ne sait pas en quelle qualité l’ex-militaire pourrait témoigner, mais Leslie aurait informé le Bureau du Premier ministre plus d’un an auparavant qu’il témoignerait pour la défense du vice-amiral Norman.

Leslie n’aurait aucune connaissance spécifique des allégations contre Mark Norman. Mais il aurait certaines connaissances de comment le gouvernement libéral a traité l’affaire, tant pendant l’enquête que pendant la phase préliminaire du procès.

Les avocats de Norman, qui doivent présenter une requête en abus de procédure, se plaignent depuis le début de cette affaire d’ingérence politique et d’obstruction aux demandes de documents nécessaires à la défense de leur client.

Les avocats de Norman déplorent la suppression d’une série de documents gouvernementaux qu’ils estiment essentiels à la défense du vice-amiral, notamment des notes sur l’affaire rédigées à l’intention du premier ministre Trudeau et une série de courriels envoyés à ce sujet par les principaux conseillers du premier ministre.

Dans leur requête, les avocats de l’ex commandant de la Marine royale canadienne et vice-chef d’état-major de la Défense déclarent avoir particulièrement besoin d’avoir accès à tout document qui pourrait révéler «des considérations politiques ou stratégiques inappropriées» dans la manière dont le gouvernement a pris ses décisions en matière de protection des informations du Cabinet dans cette affaire.

En quoi le témoignage d’Andrew Leslie pourrait-il éclairer la Cour ? Que pourrait-il révéler ? Cela reste à voir, mais, chose certaine, ce n’est certainement pas une bonne nouvelle pour le gouvernement Trudeau, déjà empêtré dans plusieurs autres affaires.