Un biologiste se donne la mission de préserver l’écologie dans les secteurs d’entraînement militaire

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En juillet 2015, le biologiste de la remise en état Corey Davidson sème à nouveau une section du secteur d’entraînement de la Base des Forces canadiennes Suffield utilisée comme base d’opération avancée durant les exercices d’entraînement militaire. (Corey Davidson)
Alors que les militaires s’entraînent pour être en mesure de s’acquitter des fonctions de la brigade d’intervention rapide du Canada qui participe à des déploiements partout dans le monde, le terrain sur lequel ils s’entraînent doit être maintenu en tout temps, non seulement pour pouvoir offrir l’instruction, mais également pour protéger la faune et les végétaux de la région.

Corey Davidson, un biologiste de la remise en état à la Base des Forces canadiennes (BFC) Suffield, fait partie des gens qui rendent tout cela possible.

Lorsque les gens pensent aux secteurs d’entraînement militaires, ils ont une image mentale de militaires qui participent à un exercice en campagne avec leurs véhicules blindés et plein d’explosions. Pourtant, ils sont loin de se douter de tout ce que les gens en coulisse accomplissent pour garder un champ de tir bien vivant après une utilisation répétée.

M. Davidson, de concert avec l’équipe de la durabilité des champs de tir à la BFC Suffield, joue un rôle essentiel dans la conservation de l’écosystème des prairies du secteur d’entraînement militaire le plus important du pays, situé dans le sud-est de l’Alberta.

« C’est un poste très intéressant, car les projets qu’on me confie sont tellement variés », a déclaré M. Davidson. « Un jour, je peux notamment être amené à passer en revue une proposition qui vise à utiliser du foin exempt de mauvaises herbes pour créer l’emplacement de l’objectif, à examiner les contaminants sur le terrain ou à étudier la lutte biologique contre les espèces envahissantes. »

Son domaine d’expertise, la remise en état, met l’accent sur le rétablissement du terrain à la suite d’une perturbation causée par des activités militaires. Depuis qu’il a intégré l’équipe de la Base en 2006, il a participé au retrait d’un champ de tir de grenades et à la récupération du sol, au retrait d’un site d’enfouissement historique et à la restauration du terrain à la suite de pannes de véhicules où il y a eu des déversements de carburant.

Il n’existe aucun milieu de travail semblable

La BFC Suffield compte un imposant secteur d’entraînement de 2658 kilomètres carrés. Il représente la moitié de la taille de l’Île-du-Prince-Édouard. Pour un biologiste comme M. Davidson, il s’agit d’une oasis de prairies remplies de surprises à explorer.

« Il y a aussi quelque chose de spécial dans le fait de travailler dans le milieu militaire et aux alentours – vous vous trouvez dans un champ de tir et un hélicoptère passe au-dessus de vous parce qu’il doit effectuer des relevés avant la tenue du prochain exercice. C’est un milieu de travail intéressant, et je ne crois pas qu’aucun autre environnement dans le monde ne permettrait de voir ces merveilles [dans le cadre du travail de biologiste]. »

Pour M. Davidson, les « petites victoires », comme le rétablissement d’une parcelle de terre après un exercice, font partie de sa motivation. Cela semble être anodin, mais il faut consacrer beaucoup d’efforts. Cela peut avoir des effets positifs sur la faune et améliorer la résilience des terres face aux pressions exercées par l’instruction.

Dans le cadre du rétablissement du terrain, il faut mener une révision sommaire de l’information connue à propos de l’emplacement puis vérifier s’il y a présence de contaminants dans les échantillons de sol. Il pourrait devoir retirer et remplacer la terre végétale et réensemencer une section afin de favoriser le rétablissement en vue d’une instruction militaire future ainsi que pour des raisons environnementales.

La présence d’explosifs réels sur le terrain doit être envisagée

En outre, les biologistes doivent faire face à des défis propres à un secteur d’entraînement militaire.

« C’est compliqué de passer la charrue ou d’utiliser un semoir à grains parce qu’il pourrait y avoir des munitions non explosées. Ce n’est pas un enjeu qu’il faudrait considérer sur d’autres propriétés. »

Il travaille étroitement avec les représentants du Génie militaire dans la Base pour le transport de charges lourdes que comporte le déplacement de débris ou de terre végétale à un autre emplacement. Il utilise même parfois l’équipement, comme des excavatrices ou des chargeuses frontales, pour soulever lui-même des charges lourdes.

Le travail de rétablissement ne s’arrête pas à l’instruction militaire, car le secteur d’entraînement de la BFC Suffield sert également à la recherche de la défense et à la tenue d’autres activités du secteur privé, notamment le pâturage du bétail et le développement des ressources pétrolières et gazières.

« Selon les recherches, une prairie naturelle saine peut résister aux pressions. Alors, peu importe s’il s’agit d’exercices militaires, de pâturage du bétail ou de l’industrie pétrolière ou gazière, les pressions que nous exerçons sur le terrain sont plus réversibles si la prairie est en santé », a-t-il déclaré.

Il continue d’aimer son travail notamment parce qu’il acquiert toujours de nouvelles compétences, que ce soit la réalisation de nouveaux types de tests pour les contaminants ou l’apprentissage du fonctionnement de nouvelles machineries.

Transmettre un legs d’apprentissage

M. Davidson transmet sa passion d’apprendre à ses enfants.

« J’ai quatre merveilleux enfants qui sont allumés et je tente souvent de leur inculquer le désir de faire l’expérience du monde naturel qui les entoure. »

Une simple promenade au parc devient une expédition d’exploration pour M. Davidson et sa famille. Il ne peut pas rater une occasion d’enseignement lorsqu’il aperçoit des espèces végétales uniques pendant une promenade dans la nature avec eux.

Lors de la journée Invitons nos jeunes au travail en novembre 2018, il a emmené sa fille, Alexis Davidson, à la Base. Lors de sa visite de la BFC Suffield, elle a eu la chance de mener des expériences pratiques et de faire l’essai d’outils que son père utilise dans son travail quotidien.

« Il est toujours en train de nous expliquer des choses. Quand on part faire une promenade, il nous dit ‘Oh, regardez ce type d’herbe!’ ou ‘Oh, regardez cette espèce végétale unique!’ Il s’extasie devant tout et il rend les choses excitantes pour nous », a-t-elle déclaré.

« J’aime en apprendre plus sur les sciences, c’est l’une de mes matières préférées à l’école, alors c’est intéressant de voir ce qu’il fait dans la Base. »

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