Chelsea Manning ne coopérera pas à l’enquête Assange

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En 2010 le soldat Manning, alors prénommé Bradley, avait fait fuiter plus de 700 000 documents confidentiels ayant trait aux guerres d’Irak et d’Afghanistan. (AFP)
L’ancienne analyste militaire américaine Chelsea Manning a déclaré dimanche qu’elle n’était toujours pas disposée à répondre aux questions de la justice des États-Unis sur le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, même si ce refus risque de la renvoyer en prison.

Chelsea Manning, qui a déjà passé sept ans en détention pour avoir transmis plus de 750 000 documents diplomatiques et militaires à WikiLeaks en 2010, avait été renvoyée derrière les barreaux le 8 mars pour « outrage à la justice » parce qu’elle refusait de témoigner devant un grand jury constitué pour enquêter sur Julian Assange.

Elle a été libérée jeudi pour une raison technique : le grand jury qui souhaitait l’entendre arrivait à son terme. Mais un nouveau collectif de citoyens tirés au sort vient d’être constitué pour poursuivre l’enquête et l’a convoquée à nouveau pour le 15 mai.

« Ils ont déjà fait savoir qu’ils voulaient me poser les mêmes questions […] je vais refuser de répondre », a-t-elle déclaré dimanche sur la chaîne CNN. « Je n’ai rien de nouveau à dire » et « je n’aime pas le secret qui entoure les grands jurys », a-t-elle justifié.

Outil-clé de la justice américaine, ces groupes de citoyens sont mis en place dans les affaires pénales les plus sérieuses et sont chargés d’enquêter dans la plus grande confidentialité.  

Chelsea Manning espère toutefois échapper à une nouvelle incarcération. « Nous avons un dossier plus solide en termes d’objections légales » que la dernière fois, a assuré l’ancienne militaire, prénommée Bradley à la naissance et devenue femme pendant son premier séjour en prison.

Cette icône des personnes transgenres a également estimé que les procédures en cours aux États-Unis contre Julian Assange s’inscrivaient dans une campagne menée, selon elle, par le gouvernement de Donald Trump contre les journalistes.

« Cette administration veut clairement s’en prendre aux journalistes. Si elle obtient gain de cause […], je pense que nous verrons de nombreuses inculpations de journalistes chargé des questions de sécurité nationale ou jugés perturbateurs », a-t-elle déclaré.

L’Australien de 47 ans a été arrêté le 11 avril à l’ambassade d’Équateur à Londres, où il était réfugié depuis sept ans, à la suite d’une demande d’extradition des États-Unis. Dans la foulée, Washington a révélé qu’il avait été inculpé un an plus tôt par le grand jury devant lequel Chelsea Manning a refusé de témoigner.

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