Verra-t-on des F-35 dans le ciel canadien après tout ?

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Un F-35A effectue un vol d'essai à Fort Worth (Photo: Lockheed Martin)
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Un F-35A effectue un vol d’essai à Fort Worth (Photo: Lockheed Martin)
La ministre fédérale des Services publics et de l’Approvisionnement défend à Ottawa l’idée d’assouplir les règles de l’appel d’offres concernant les retombées afin de permettre au chasseur furtif F-35 de Lockheed d’être pleinement dans la course, quoi qu’en diront les concurrents.

La ministre fédérale des Services publics et de l’Approvisionnement défend à Ottawa l’idée d’assouplir les règles de l’appel d’offres concernant les retombées afin de permettre au chasseur furtif F-35 d’être dans la course, quoi qu’en disent les concurrents.

Il est loin maintenant le temps en avril 2012 où le projet des F-35 de Lockheed Martin pour remplacer les CF-18 canadiens était l’objet d’une vive controverse alors que le vérificateur général accusait le gouvernement conservateur d’avoir grossièrement sous-estimé les coûts de cet achat et que les libéraux, alors dans l’opposition, juraient qu’ils n’achèteraient pas le coûteux chasseur.

Surtout que, depuis l’attaque de Boeing en avril 2017 contre l’avion C Series de Bombardier, fleuron de l’industrie aéronautique canadienne, la classe politique canadienne et québécoise, le premier ministre québécois en tête, s’était mis à honnir le principal concurrent de Lockheed, allant jusqu’à exiger que «pas un boulon» ne soit acheté à Boeing au Canada.

Il se pourrait donc maintenant de plus en plus qu’on voit voler des F-35 dans le ciel canadien en 2025…

Carla Qualtrough, dont le fils sert dans les Forces armées canadiennes, a déclaré jeudi que l’assouplissement des règles d’appels d’offres pour le renouvellement de la flotte de chasseurs canadiens était nécessaire pour assurer une vive concurrence dans l’appel d’offres visant à remplacer les vieux CF-18 canadiens: « Les innovations et les modifications que nous adoptons permettront à tous les fournisseurs admissibles de participer (à l’appel d’offres) tout en appliquant les mêmes règles à tous, sur un pied d’égalité », a expliqué Mme Qualtrough, jeudi, dans son allocution au Salon canadien de la défense et de la sécurité (CANSEC), à Ottawa. « Il s’agit d’un processus complexe. Plus complexe que tout ce que le gouvernement fédéral a mené jusqu’ici. »

Le Canada a signé en 2006 lorsqu’il est devenu l’un des neuf pays partenaires dans le développement du « F-35 », un accord prévoyant en échange de sa contribution financière au développement du F-35 (le Canada y a investi plus de 500 millions $ jusqu’à maintenant) un prix réduit à l’achat des appareils.

Par contre, les partenaires ne peuvent exiger dans ce cas des avantages économiques tels que des obligations de réinvestissement au pays comme condition préalable à l’achat de l’appareil. La porte est donc grande ouverte au F-35 de Lockheed.

Toutefois, a nuancé le ministre Qualtrough, «un soumissionnaire se verra attribuer davantage de points s’il décide d’assortir sa proposition en matière de retombées industrielles et technologiques d’une obligation contractuelle que s’il ne le fait pas.» , ajoutant qu’ainsi «nous pourrons veiller à ce que les meilleures propositions au chapitre des retombées industrielles et technologiques soient dûment récompensées.»

L’entente pour l’achat des King Air 350 de Beechcraft officialisée

L’entente pour l’achat des aéronefs pilotés utilisés aux fins de renseignement, de surveillance et de reconnaissance pour les Forces armées canadiennes a été officialisé, a annoncé également la ministre au CANSEC.

«Je suis fière d’annoncer qu’en vertu d’une entente avec le gouvernement des États Unis, nous ferons l’acquisition de trois aéronefs King Air 350 de Beechcraft assortis de systèmes intégrés. Nous sommes en contact avec les secteurs canadiens de l’aérospatiale et de la défense pour veiller à ce qu’ils soient en mesure de soutenir ces aéronefs. »

Elle a aussi fait état des progrès ont aussi été réalisés au chapitre du remplacement des avions de recherche et de sauvetage à voilure fixe. «Chaque année, ces aéronefs aident à sauver la vie de milliers de Canadiens, et je suis heureuse de vous informer que nous sommes en bonne voie d’accepter le premier aéronef aux fins d’essais opérationnels cette année — conformément aux délais et au budget prévus. »

Carla Qualtrough a aussi réitéré la détermination de son gouvernement à mettre en place le «Programme de formation du personnel navigant de l’avenir» pour l’Aviation royale canadienne, précisant avoir déjà à cette fin dressé une liste de fournisseurs qualifiés en décembre.