L’ex-analyste militaire américaine Chelsea Manning renvoyée en prison

En 2010 le soldat Manning, alors prénommé Bradley, avait fait fuiter plus de 700 000 documents confidentiels ayant trait aux guerres d'Irak et d'Afghanistan. (AFP)
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Chelsea Manning. (tirée de la page Facebook @chelsea4senate)
Un juge fédéral américain a ordonné jeudi le renvoi en prison de l’ancienne analyste militaire Chelsea Manning pour « entrave à la bonne marche de la justice », parce qu’elle refuse de répondre aux questions sur le fondateur de WikiLeaks Julian Assange.

Cette icône des personnes transgenres « a été écrouée » à l’issue d’une audience devant un tribunal d’Alexandria, près de Washington, a déclaré à l’AFP Andrew Stepanian, porte-parole de ses défenseurs.

Le juge Anthony Trenga a ajouté qu’elle serait passible d’une amende de 500 dollars par jour si elle refusait toujours de coopérer après 30 jours en détention, et de 1000 dollars par jour après 60 jours de prison.

Chelsea Manning a déjà passé sept ans en détention pour avoir transmis à WikiLeaks en 2010 plus de 750 000 documents diplomatiques et militaires, dont la publication avait plongé les États-Unis dans l’embarras.

L’ancienne militaire avait été renvoyée en prison le 8 mars après avoir refusé de témoigner devant un grand jury constitué pour enquêter sur Julian Assange, dénonçant une procédure « opaque » et peu démocratique.

Outil-clé de la justice américaine, les grands jurys sont mis en place dans les affaires pénales les plus sérieuses et sont chargés d’enquêter dans la plus grande confidentialité.

Chelsea Manning a été libérée il y a une semaine pour une raison technique : le grand jury qui souhaitait l’entendre arrivait à son terme. Mais un nouveau collectif de citoyens tirés au sort vient d’être constitué pour poursuivre l’enquête.

Jeudi, elle a refusé à nouveau de participer à ses travaux. « Je ne renoncerai pas à mes principes, je préfèrerais littéralement mourir de faim que de changer d’avis », a-t-elle déclaré devant le juge Trenga. Celui-ci a rétorqué qu’il n’y avait rien de « déshonorant » à remplir son devoir citoyen.