Gaza: pluie de roquettes sur Israël, un Palestinien tué dans un raid de représailles

Des roquettes lancées depuis la Bande de Gaza vers Israël, le 4 mai 2019. (AFP)
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Des roquettes lancées depuis la Bande de Gaza vers Israël, le 4 mai 2019. (AFP)
Une pluie de roquettes tirées depuis Gaza s’est abattue samedi matin sur Israël, entraînant des représailles israéliennes qui ont fait un mort palestinien, nouvelle escalade de violences entre l’Etat hébreu et l’enclave palestinienne, au lendemain de heurts meurtriers à la frontière.

Près d’une centaine de roquettes ont été lancées dans la matinée depuis la bande de Gaza vers Israël, provoquant en représailles des raids aériens israéliens et des tirs de chars contre des positions du Hamas dans l’enclave palestinienne, a indiqué l’armée.

Le ministère de la Santé à Gaza a fait état d’un mort et de plusieurs blessés dans les frappes israéliennes. Selon une source de sécurité à Gaza, les frappes aériennes israéliennes ont touché au moins trois zones de la bande de Gaza, blessant trois « combattants de la résistance ».

L’armée israélienne a indiqué dans un communiqué qu’environ 90 roquettes avaient été tirées samedi depuis la bande de Gaza vers le territoire israélien et que des dizaines de ces tirs avaient été interceptés par le système israélien de défense antimissiles.

Les services de secours israéliens ont assuré de leur côté que les tirs de roquettes depuis Gaza n’avaient pas fait de victimes.

L’armée a indiqué avoir ciblé lors d’un raid aérien deux rampes de lancement de roquettes dans l’enclave palestinienne et que ses chars avaient attaqué plusieurs postes militaires du Hamas.

Cette escalade, la plus importante depuis plusieurs semaines, intervient au lendemain de manifestations particulièrement violentes le long de la frontière entre la bande de Gaza et Israël.

Lors de ces manifestations, quatre Palestiniens ont été tués, dont deux membres de la branche armée du Hamas, dans un raid israélien de représailles après que deux soldats israéliens eurent été blessés par des tirs palestiniens.

Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, avait promis vendredi de répondre à l' »agression israélienne ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu va mener des consultations avec le chef d’Etat major et, entre autres, les directeurs de l’Agence nationale de sécurité et du Conseil national de sécurité, a indiqué samedi un porte-parole de Benjamin Netanyahu dans un tweet en anglais.

Israël et le Hamas se sont livrés trois guerres depuis 2008 et les escalades sporadiques entre les deux parties font régulièrement craindre l’explosion d’un quatrième conflit.

Un cessez-le-feu, annoncé par le Hamas mais jamais confirmé par Israël, avait été négocié fin mars sous l’égide de l’Égypte et de l’ONU, permettant un calme relatif pendant la période des élections législatives israéliennes du 9 avril. 

Mais Israël avait réduit mardi la zone de pêche autorisée au large des côtes de Gaza après le lancement d’une roquette sur son territoire par des militants palestiniens. 

La roquette s’était abattue dans la Méditerranée. L’armée israélienne avait accusé le Jihad islamique, groupe allié du Hamas, d’être responsable du tir. 

Préserver la trêve

Jeudi, Israël avait dit avoir mené un raid aérien contre un poste militaire du Hamas après des tirs de ballons incendiaires contre son territoire. 

Les Palestiniens à Gaza font fréquemment voler des ballons équipés de bombes incendiaires au-dessus de la frontière, brûlant ainsi des terres agricoles côté israélien. 

Après l’attaque aérienne de jeudi, l’armée israélienne avait déclaré que deux roquettes avaient été lancées depuis la bande de Gaza vers Israël, déclenchant des sirènes dans certaines parties du sud. 

Une délégation du Hamas conduite par son chef à Gaza, Yahya Sinwar, avait quitté jeudi la bande de Gaza pour le Caire afin de discuter avec des responsables égyptiens des moyens de préserver la trêve. 

Ces derniers mois, Israël a accepté de laisser le Qatar fournir une aide de plusieurs millions de dollars à Gaza pour payer des salaires et financer des achats de carburant afin de remédier notamment à une grave pénurie d’électricité. 

Des manifestations ont lieu à Gaza depuis mars 2018 le long de la frontière pour protester contre le blocus par Israël de l’enclave palestinienne et pour le retour des réfugiés palestiniens chassés ou ayant quitté leurs terres à la création d’Israël en 1948.

Au moins 270 Palestiniens ont été tués depuis le début du mouvement au cours des manifestations ou dans des frappes israéliennes de représailles à des actes hostiles en provenance de l’enclave sous blocus. Deux soldats israéliens ont été tués au cours de cette période. 

Les organisateurs des manifestations et le Hamas affirment que le mouvement des « Grandes marches du retour » est indépendant. Israël accuse en revanche le Hamas d’orchestrer ces manifestations et soutient que les soldats ne font que protéger la frontière afin d’éviter des infiltrations de Palestiniens.