Le dernier «code talker» mohawk de la Seconde Guerre mondiale, décède à 94 ans

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, Louis Levi Oakes était un  »code talker » mohawk, ces soldats autochtones qui utilisaient leur langue maternelle pour contrecarrer les tentatives de l’ennemi d’écouter les communications de leurs unités. Sur cette photo, on le voit vers 1944 après son enrôlement dans l’armée américaine et avant son d.ploiement dans le Pacifique. (Courtoisie de la famille)
Louis Levi Oakes, un vétéran canadien de la Seconde Guerre mondiale, qui était le dernier «code talker» mohawk, ces soldats autochtones qui utilisaient leur langue maternelle pour contrecarrer les tentatives de l’ennemi d’écouter les communications des Alliés, est décédé à 94 ans à la maison entouré de sa famille.

Au total, plus de 400 Amérindiens, surtout navajos, ont pris part aux combats dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre Mondiale comme «code talkers». D’autres Indiens des tribus Choctaws, Comanches ou encore Seminoles ont également participé aux combats contre les Allemands ou les Japonais, chargés de transmettre dans leur langue des messages codés.

Faute d’équivalents, il fallait parfois transcrire avec des mots du quotidien: «avion» est devenu «oiseau» et «bombardier» «oiseau enceinte».

Bien que né au Canada, Louis Levi Oakes s’était enrôlé dans l’armée américaine où il est devenu un code Talker.

Il était l’un des 17 Mohawks reconnus en vertu de la Code Talkers Recognition Act de 2008, une loi américaine qui accordait des médailles du Congrès aux Premières nations et aux personnes ayant participé à ces programmes.

«Il a bravement servi dans la Seconde Guerre mondiale … Merci pour votre grâce et votre service envers notre peuple», a twitté Perry Bellegarde, chef national de l’Assemblée des Premières Nations.

Ce n’est que depuis quelques années que le rôle secret des «code talkers», qui transmettaient des messages codés dans leur langue maternelle a commencé à être reconnu.

Après sa libération de l’armée américaine en 1946, après son déploiement dans le Pacifique, Louis Levi Oakes est rentré chez lui dans la nation mohawk d’Akwesasne et a peu partagé sur son expérience de la guerre avec sa famille.

Puis, il y a six ans, il a enfin révélé ce qu’il avait fait dans la jungle de la Nouvelle-Guinée et des Philippines.

Et il y a deux ans, Louis Levi Oakes a reçu la médaille d’argent du Congrès. En décembre dernier, il a été présenté à la Chambre des communes, a rencontré le premier ministre Justin Trudeau et a été honoré lors d’une réunion de l’Assemblée des Premières Nations.