Militaires en attirail de combat complet durant une parade: un choix «inapproprié»

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Parade durant la Khalsa Day, à Toronto, le 28 avril 2019. (Rahul/YouTube)
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Parade durant la Khalsa Day, à Toronto, le 28 avril 2019. (Rahul/YouTube)

Mise à jour du vendredi 3 mai, à 19h45

Le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan a fait la déclaration suivante au cours d’une interview avec 45eNord.ca:

«Tout d’abord, ce n’est pas inapproprié de porter des turbans dans l’armée. Je rappelle aux gens que ce sont des soldats canadiens. Et tout le monde doit savoir qu’ils servent le Canada, ils servent le Canada.

Pour cet évènement, oui c’était inapproprié pour eux d’avoir des armes. On en porte à différents évènements, mais il faut être attentif à quel type d’évènement. Cela avait été fait pour faire la promotion de la diversité, oui c’était inapproprié de porter des armes , mais je veux rappeler à tous ceux qui essayent d’en faire un autre problème que ça, que ce sont des soldats canadiens qui ont signé [se sont engagés pour leur pays]».


Le 41e défilé annuel du Khalsa Day à Toronto aura des conséquences inattendues sur des militaires, alors que certains d’entre eux ont paradé en attirail de combat complet.

Ce jour marque le début de la nouvelle année pour les Sikhs, mais aussi la mise en place de l’ordre du Khalsa, en 1699. Il a été célébré dimanche 28 avril, à Toronto avec le traditionnel défilé annuel.

Des images et des photos ont fait surface immédiatement après, montrant des militaires en uniforme de combat, mais aussi et surtout avec leur veste tactique et leur fusil C-7 dans les mains, canon pointé vers le bas.

Le port de l’arme en public est extrêmement encadré et n’est permis que dans une poignée d’évènements bien précis, comme des cérémonies du crépuscule, des tattoos militaires ou des droits de cité.

Dans un courriel envoyé à 45eNord.ca, les Forces armées canadiennes affirment que «normalement, les armes ne sont pas transportées lors de tels événements».

La déclaration précise que «la décision de placer le personnel en attirail de combat complet a été prise par le commandant local et n’était pas conforme au Manuel de l’exercice et du cérémonial des Forces armées canadiennes».

Un bouchon de tir à blanc (BFA) est normalement utilisé dans les cas où des munitions sont chargées dans l’arme. Étant donné que les armes que portaient les soldats n’étaient chargées ni de munitions ni de cartouches à blanc, aucune BTB n’a été utilisée.

Les FAC indiquent que le commandant du 32e Groupe-brigade du Canada «a approuvé la participation au défilé de Khalsa Day et a confié cette tâche au commandant du Lorne Scots, qui a donné l’ordre détaillé de la participation, notamment l’autorisation du port et de la tenue des armes non chargées».

Le port des armes et de l’attirail complet de combat n’était pas lié à une question religieuse, mais avait pour but de «montrer des Forces armées canadiennes bien équipées».

Le commandant de la 4e Division du Canada assure le suivi auprès de l’unité et diffuse auprès de toute la division des instructions interdisant le port d’armes lors d’événements similaires.

Le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a déclaré que «si les intentions de participer à cet événement étaient bonnes, le choix qui avait été fait [était] inapproprié».