La mission de l’OTAN en Irak prête pour la prochaine phase

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(@NatoMissionIraq/Facebook)
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La mission de l’OTAN en Irak, dirigée par le major-général canadien Dany Fortin, vient de passer récemment le cap de ses six premiers mois d’existence. 45eNord.ca s’est entretenu avec le général pour faire un premier bilan et voir quelles sont ses perspectives.

Commencée officiellement depuis le 31 octobre 2018, la mission de l’OTAN en Irak a deux buts clairs: fournir des conseils au niveau ministériel et développer les institutions et la professionnalisation de la force.

Si le groupe armé État islamique a été défait géographiquement parlant, il reste une menace en devant un groupe terroriste «classique» et fomentant des attentats.

Il faut cependant penser à l’avenir et c’est pour quoi la mission de l’OTAN en Irak pense «stabilité».

Le Canada y prend part notamment avec la présence de Dany Fortin à la tête de la mission, mais aussi avec près de 250 militaires, membres de la compagnie C du 1er Bataillon Royal 22e Régiment, la compagnie A du 2e Bataillon royal 22e Régiment qui forme des policiers irakiens, du 12e Régiment blindé du Canada, du 5e Bataillon des services, de la 5e Ambulance de campagne et… un membre des Voltigeurs de Québec! Une petite troupe du 5e Régiment du génie de combat donne des cours sur les engins explosifs improvisés. Et finalement le 438e escadron tactique d’hélicoptères de Saint-Hubert fournit le transport aérien lorsque nécessaire pour les formateurs afin qu’ils puissent se rendre d’une base à une autre, d’une école à une autre.

Réparties dans plusieurs écoles militaires à travers le pays, les troupes canadiennes et alliées forment les formateurs, afin qu’ils puissent eux-mêmes donner les cours dans un avenir rapproché.

«On a par exemple des sessions de planification où on travaille ensemble à développer une structure de la force et leur donner des outils pour vraiment permettre une meilleure planification opérationnelle», d’expliquer Dany Fortin.

D’autres cours sont donnés dans des domaines comme la loi sur les conflits armés, la lutte à la corruption, la protection des civils, l’équité et les perspectives de genre.

Sur la question du genre, les armées et les institutions de sécurité de nombreux pays sont confrontées à des défis importants pour intégrer et protéger les femmes, y compris au sein de leurs forces.

Dans le cadre de la mission de l’OTAN en Irak, plusieurs membres réfléchissent donc comment l’Irak peut mieux intégrer les femmes dans les rangs de ses forces armées et ce qu’il est nécessaire d’accomplir pour que cela soit un succès.

Le général se félicite de la qualité de ses membres venant tant du Canada que des autres pays alliés. «On a des équipes multinationales très impressionnantes!».

Iran

Les Unités de mobilisation populaires (Hachd al-Chaabi) sont réputées être proches de la République islamique d’Iran.

Or, avec la montée des tensions entre l’Iran et les États-Unis, ces derniers ont décidé de rapatrier une partie de leur personnel diplomatique d’Irak et de mettre leur troupes en «alerte».

Plusieurs pays alliés, dans le cadre d’accords bilatéraux, ont décidé de suspendre temporairement leur aide aux forces de sécurité irakiennes.

Selon le général Fortin, «sans répéter les mots du Secrétaire général de l’OTAN, on demeure très vigilants. On est conscient de l’environnement dans lequel on opère, on a des mesures en place pour assurer la sécurité de nos gens. Que ce soit aujourd’hui ou il y a deux mois, trois mois, c’est le même environnement de sécurité. On prend les dispositions nécessaire pour le bien de nos troupes et les Irakiens avec qui on travaille».

Comme il l’avait déjà déclaré à 45eNord.ca, lors d’une précédente interview en août 2018, Dany Fortin rappelle qu’il s’agit avant tout de trouver «un point d’équilibre entre la protection de la force et la conduite de la mission». «C’est pour cela qu’on se tient bien au fait de l’environnement dans lequel on opère».

Il explique donc que la mission continue actuellement «sans aucune interruption», précisant que tous les Alliés contribuent à la mission, «que ça soit avec des troupes ou dans la prise de décision et l’appui financier».

Futur

Le général s’attend à ce qu’il y ait une rotation du personnel à l’automne, l’incluant également. «Quant à la portée de nos activités ou la grosseur de notre organisation, c’est sujet à l’appui et la participation active des Irakiens dans cet effort».

«J’aimerai vraiment qu’un de mes successeurs puisse recommander la fin de la mission lorsqu’on aura suffisamment avancer dans la réforme du secteur de la sécurité et qu’on a formé non seulement des instructeurs mais aussi avancer le système de professionnalisation de la force militaire.»

«C’est une nouvelle aventure, et comme toute nouvelle aventure il y a des points de friction, des points à améliorer, des surprises, mais c’est aussi une superbe opportunité. Ça était tout un défi de bâtir l’équipe, mais c’est extrêmement valorisant et je suis très fier de ce que l’on a réussi à bâtir et à construire», de conclure le major-général Dany Fortin.