Une nouvelle cargaison d’armement français prévu pour l’Arabie saoudite

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Le cargo battant pavillon saoudien Bahri Yanbu dans le port de Tilbury en Angleterre, le 7 mai 2019. (AFP)
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Le cargo battant pavillon saoudien Bahri Yanbu dans le port de Tilbury en Angleterre, le 7 mai 2019. (AFP)
Quinze jours après le rocambolesque épisode d’un cargo saoudien ayant renoncé à embarquer des armes françaises pour l’Arabie saoudite dans le port du Havre, un chargement de munitions doit avoir lieu à Marseille-Fos, affirme mardi le média indépendant Disclose.

Le Bahri Tabuk doit prendre livraison de munitions pour les canons Caesar français, à destination de Jeddah, en Arabie saoudite, selon Disclose.

Une information relayée par un élu communiste de la région de Marseille, Pierre Dharréville, qui a réclamé au gouvernement «un moratoire» sur les livraisons d’armes à l’Arabie saoudite.

Cette nouvelle livraison, si elle est confirmée, intervient alors que le gouvernement français est accusé par plusieurs ONG de livrer à l’Arabie saoudite, de manière licite mais opaque, des armes susceptibles de tuer des civils au Yémen. Cette «sale guerre», selon la formule même des autorités françaises, a fait depuis 2015 des dizaines de milliers de morts et entraîné l’une des pires crise humanitaires au monde, selon l’ONU.

Le port de Marseille-Fos «ne servira pas à charger des armes ou des munitions», assure Laurent Pastor, un responsable syndical des dockers, promettant que le chargement serait «vérifié». Selon M. Pastor, le chargement du Bahri Tabuk a été présenté comme du «matériel civil pour un projet lié à l’énergie» et est prévu mercredi.

Des gens ont manifesté contre la vente d’armes à l’Arabie saoudite le 9 mai dernier au port du Havre.

Le 10 mai dernier, un autre cargo saoudien de la compagnie Bahri, le Bahri Yanbu, avait renoncé à accoster au port du Havre, où il devait prendre une livraison d’armes françaises. L’affaire avait été là aussi dévoilée par Disclose. Ce média indépendant a également révélé mi-avil une note confidentielle de la Direction du renseignement militaire (DRM), listant les armes françaises utilisées au Yémen et la possibilité qu’elles puissent toucher des civils.

Trois journalistes ayant participé à cette enquête ont été récemment auditionnés par les services de renseignement français, suscitant un tollé dans la profession qui dénonce une atteinte à la liberté de la presse.

Le gouvernement français réplique invariablement que la destination et l’utilisation de ces armes sont extrêmement contrôlées et qu’elles sont utilisées à titre «défensif».

«Oui c’est une sale guerre, oui il faut l’arrêter, oui il faut que les Saoudiens et les Émiriens arrêtent, oui il faut être extrêmement vigilant sur les ventes d’armes à l’égard de ces pays. C’est ce que nous faisons», a déclaré mardi sur France Interle ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. «Nous respectons scrupuleusement» le traité sur le commerce des armes, a-t-il assuré.

Une source gouvernementale a également souligné que les contrats d’armements passés avec l’Arabie saoudite étaient respectés et ne violaient aucun embargo sur les armes.