Fin d’année au CMR Saint-Jean qui s’affirme comme centre d’excellence (PHOTOS/VIDÉO)

475
Une fin d'année en combat pour les élèves-officiers du Collège militaire royal de Saint-Jean. (Jacques N. Godbout/45eNord.ca)
Temps de lecture estimé : 4 minutes
C’était vendredi 10 mai la parade de fin d’année  en cette deuxième année du retour de l’enseignement universitaire au Collège militaire royal de Saint-Jean et, si 90 élofs de la promotion 2019 partiront maintenant pour Kingston, 25, inscrit au programme d’études internationales, resteront à Saint-Jean, une progression de 66% par rapport à l’an dernier.

En entrevue à 45eNord.ca en ce jour qui marque une étape importante dans le parcours des élofs le lieutenant-colonel William Girard, directeur des élèves officiers, responsable de l’entraînement militaire et de la discipline, ne cachait pas sa fierté en parlant de ses élèves dotés d’un esprit critique et d’une autonomie intellectuelle qui étonneraient plusieurs civils. 

Voir la vidéo sur YouTube >>

Un taux de réussite impressionnant

Le parcours et le taux de réussite des jeunes élofs de cette promotion est impressionnant.

«Contrairement à d’autres institutions, il y a beaucoup de règlements à suivre. Ils sont peut-être surveillés de plus proches. Ils habitent ici (au collège, NDLR) la journée longue. Ils sont toujours au travail. 24 heures sur 24. Ils sont scrutés à la loupe dans tous les domaines, que ce soit physique, académique ou moral», souligne pour nous le directeur des élèves-officiers.

«On a sorti cette année des statistiques de taux de réussite dans des cours semblables, et le taux de réussite au collège militaire est beaucoup plus élevé que dans les CEGEP du Québec. Les statistiques que j’ai vu dans les mêmes cours qui sont donnés au CEGEP, nos élèves officiers réussissent mieux en général. Un taux de réussite, dépendant du cours, supérieur de 5 à 20 %.»

«Ils travaillent fort, ils sont disciplinés. Bien sûr, ils sont sélectionnés. Et on leur donne du temps d’étude», renchérit le lieutenant-colonel Girard.

«On essaie de leur donner tous les outils pour qu’ils puissent se développer, premièrement de se connaître, et de pouvoir s’améliorer à partir de qui ils sont déjà», conclut finalement le directeur des élofs à ce sujet.

En témoigne également l’élève-officier Théophane Gay, rencontré lors de cette parade de fin d’année et qui nous a décrit dans ses mots le parcours qui l’a mené où il est aujourd’hui:
«Dans ce parcours, ce qui ressort le plus, c’est un constant apprentissage, tant au niveau militaire et des traditions (…) que de l’école, c’est travailler à apprendre des batailles fameuses dans l’histoire. C’est un apprentissage sur plusieurs plans, mais aussi sur le plan de notre développement. Sur le plan personnel, on apprend à savoir c’est quoi nos forces, c’est quoi nos faiblesses, c’est quoi nos limites, parce que, veut-veut pas, on en a tous, et c’est vraiment très révélateur à ce niveau là.»

Devenir des hommes et apprendre à se connaître soi-même. Une idée qui remonte à Socrate, et qui prend une importance toute spéciale dans cette institution d’enseignement un peu particulière qu’est le Collège militaire royal de Saint-Jean.

La promotion 2019: un groupe riche et diversifié

Le groupe est divisé en deux, premièrement du Canada anglais où ils n’ont fait qu’un an avec nous, et d’autres, principalement du Québec, mas d’autres provinces aussi, qui ont fait deux ans avec nous, soit l’année préparatoire et la première année «senior» , et d’autres, aussi, qui sont rentrés directement en première année.

Selon les chiffres fournis par le Collège, l’institution compte aujourd’hui 241 élèves officiers, dont 15 de 2e année, inscrits au programme d’études internationales. De ce nombre, 223 sont Canadiens, 87 anglophones, 136 francophones, dans une proportion hommes/femmes de 79%/21%, et 18 autres sont des élèves étrangers, venant de Georgie, Jordanie, du Bélize, de République dominicaine, des Philippines, de Colombie de Mongolie et de Côte d’Ivoire.

Le programme d’études internationales en expansion

La plupart vont allés à Kingston pour la fin de leur parcours, mais il y en a 25 cete année qui vont rester avec nous (par rapport à 15 l’an dernier, qui était la première année du retour de l’enseignement universitaire à Saint-Jean). Et on est très fier de ça. On espère que ça va continuer à prendre de l’expansion comme ça évidemment.

«On n’est pas en compétition avec Kingston», de dire le lieutenant-colonel Girard avec le sourire, «mais d’une certaine façon, pour raisons de survie, on doit se comparer avantageusement.»

Pour bâtir un plan d’attraction pour les années suivantes, selon ses propres mots, le lieutenant-colonel Girard a donc interrogé les élofs qui ont décidé au terme de leur 1ère année de poursuivre leurs études à Saint-Jean plutôt qu’à Kingston .

«Ils ont tous des raisons différentes, mais principalement, c’est d’abord le domaine d’étude. »

Et ce n’est pas qu’une question d’élèves francophones versus élèves francophones, puisque la moitié des élèves cette année qui, convaincus par leurs prédécesseurs anglophones qui ont commencé l’an dernier le programme d’études internationales, ont décidé de rester à Saint-Jean après leur 1ère année, sont des anglophones attirés par le programme, les opportunités et la vie au Collège militaire royal de Saint-Jean.

Lorsque les élofs ont eu à choisir pour les trois prochaines années ce qu’ils vont étudier, le programme d’études internationales et son contenu a séduit tant les anglophones que les francophones,nous explique le directeur des élèves officiers, mais aussi es opportunités de voyage qu’offre le programme.

«Comparé à Kingston qui est une beaucoup plus grosse université, les occasions de partir en voyage sont énormes ici, nous précise le lieutenant-colonel. Un élève officier qui réussit bien dans les quatre piliers (de la formation au collège, NDLR), au niveau sportif, académique, du bilinguisme, et dans le pilier du leadership et de la discipline, leurs chances de partir en voyage sont grandes. À chaque année, les trois prochaines années, ils ont des chances d’aller visiter le monde.» , explique le lieutenant-colonel Girard.

Penser clairement pour agir promptement

Mais l’aspect le plus marquant est que la promotion cette année en est une de futurs leaders qui devront apporter des réponses nouvelles à des question nouvelles, comme le soulignait dans son adresse aux élèves de cette promotion  le général Vance, chef d’état-major de la Défense, qui présidait à la cérémonie.

Une formation qui apprend aussi aux élofs à penser puisque, dorénavant, on ne peut leur donner toutes les réponses dont ils auront besoin dans leur carrière, ne sachant pas quelles véritablement quels seront les questions et les défis qui se poseront à eux.

On ne peut pas s’attendre à ce que nos officiers agissent promptement s’ils n’ont pas appris à penser clairement.

Et à cet égard, si on en croit le directeur des élèves-officiers, le général aurait toutes les raisons d’être fier de la promotion 2019 du Collège militaire royal de Saint-Jean.

«Si on compare la promotion de cette année aux promotions des années passées, «C’est un groupe qui avait beaucoup de force. Ce sont des gens qui aimaient argumenter, qui arrivaient avec des arguments forts après avoir fait des recherches sur les questions discutées en classe», nous confie le lieutenant-colonel Girard sur la foi du témoignage de ses collègues qui étaient au collège avant lui.

«Ce sont des gens qui étaient très serrés, qui avaient beaucoup d’énergie. Ça nous adonné certains défis côté disciplinaire, mais en même temps, c’était extrêmement agréable de travailler avec ces jeunes doués d’esprit critique et capables de  »questionner » l’information qu’ils recevaient», nous explique le lieutenant-colonel.