Pompeo lundi à Bruxelles pour discuter de l’Iran avec les Européens

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Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo. (AFP)
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a décidé de se rendre lundi à Bruxelles pour discuter de « questions urgentes », notamment de l’Iran, avec des responsables européens convaincus de la nécessité de conserver l’accord nucléaire conclu avec Téhéran.

Mise à jour 13/05/2019, 17:23

Les Européens se sont dits inquiets lundi du regain de tensions entre Washington et Téhéran et ont signifié au secrétaire d’État américain Mike Pompeo leur préoccupation face au risque d’un conflit «par accident» dans le Golfe. Washington a accusé Téhéran de préparer des attaques «imminentes» contre des intérêts américains au Moyen-Orient.

Ces entretiens ont été difficiles. «Je lui ai dit de manière claire que nous sommes préoccupés par les tensions dans la région et que nous ne voulons pas d’une escalade militaire», a déclaré à la presse le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas après leur rencontre. Le ton avait été donné par le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt au début de la réunion de Bruxelles : «Nous sommes très inquiets du risque qu’un conflit se produise par accident en raison de l’escalade des tensions». «La position américaine d’augmenter les pressions et les sanctions ne nous convient pas», a renchéri son homologue français Jean-Yves Le Drian.

« Nous continuons d’appuyer pleinement l’accord nucléaire avec l’Iran et sa pleine mise en œuvre », a rappelé la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini à l’ouverture de la réunion des Européens.

La venue de Mike Pompeo n’était pas prévue et a pris les Européens de court. « Nous serons ici toute la journée avec un agenda chargé et nous verrons au cours de la journée comment et si nous arrivons à organiser une rencontre, il est toujours le bienvenu, évidemment, mais il n’y a pas de plan précis pour le moment », a commenté Mme Mogherini. M. Pompeo devrait arriver à Bruxelles lundi en début d’après-midi.

Une réunion spécifiquement consacrée à l’Iran est prévue dans le courant de la journée entre les ministres des Affaires étrangères français, allemand et britannique, les trois pays européens signataires de l’accord de 2015 avec Téhéran, a indiqué Mme Mogherini.

« En Europe, nous considérons que cet accord est nécessaire à notre sécurité. Personne ne veut voir l’Iran posséder l’arme nucléaire », a insisté le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

Mais il est évident que « s’il y a des évolutions négatives, non seulement aux Etats-Unis mais aussi en Iran, cela deviendra de plus en plus difficile à mettre en oeuvre », a averti le chef de la diplomatie belge Didier Reynders.

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont redoublé. Téhéran a annoncé la semaine dernière la suspension de certains de ses engagements au titre de l’accord, un an après que le président américain Donald Trump se soit retiré de l’accord et ait imposé des sanctions à la République islamique.

Téhéran a adressé un ultimatum aux Européens, toujours attachés à cet accord, pour qu’ils sortent d’ici deux mois les secteurs pétrolier et bancaire iraniens de leur isolement provoqué par les sanctions américaines, faute de quoi la République islamique renoncera à d’autres restrictions imposées à son programme nucléaire. Les Européens ont rejeté cet ultimatum.

Washington accuse pour sa part Téhéran de planifier des attaques « imminentes » et a décidé d’envoyer un navire de guerre et une batterie de missiles Patriot dans le Golfe où sont déjà présents un porte-avions et des bombardiers B-52.

Le secrétaire d’Etat américain se rendra ensuite à Sotchi, station balnéaire russe sur la mer Noire, pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. La Russie et la Chine sont également signataires de l’accord nucléaire avec Téhéran.  

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