Québec dans les pas des militaires du Débarquement de Normandie (PHOTOS/VIDÉO)

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Commémoration du débarquement de Normandie, le 26 mai 2019, à la gare du Palais de Québec. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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C’est à la gare du Palais de Québec que des bottes sont arrivées dimanche 26 mai, symbole des militaires de la Seconde Guerre mondiale qui ont pris le train pour se rendre à Halifax, puis en Europe.

Le 6 juin 1944, les forces alliées attaquent les défenses allemandes se trouvant le long des plages de la Normandie en France avec l’objectif de frayer un chemin vers l’Allemagne. À quelques jours du 75e anniversaire de ce Débarquement de Normandie, Anciens Combattants Canada (ACC) a organisé un traversée du Canada bien spéciale.

«On a développé un programme à Anciens combattants Canada pour permettre aux Canadiens de partager leurs histoires et les histoires des vétérans à travers le pays en faisant des cérémonies aux stations de trains à travers le pays», explique Robert Loken, gestionnaire national des commémorations.

En s’associant avec Via Rail Canada, ACC a pu donc mettre sur pied un programme de commémoration unique à travers tout le Canada, avec pas moins de 14 cérémonies dans 14 villes différentes.

À Québec, une des dernières étapes de la traversée avant l’arrivée à Halifax le 3 juin prochain, c’est en présence de la brigadier-général Jennie Carignan, commandante de la 2e Division du Canada et de Jean-Yves Duclos, ministre fédéral de la famille, qu’une cérémonie a donc eu lieu pour commémorer ceux qui ont tant sacrifié pour défendre la paix et la liberté durant la Seconde Guerre mondiale.

Un survivant du Jour J… et de l’après

Pierre-André L’Heureux, 96 ans, était codeur à bord du NCSM Algonquin et s’il a fait le débarquement de Normandie, il a aussi été sur les côtes russes, dans l’Antarctique ou bien encore à chercher les sous-marins allemands.

«J’étudiais dans une High School anglophone à Montréal, puis j’allais souvent voir les bateaux dans la basse-ville, et j’avais le goût. J’avais le goût de l’eau, de la Marine et c’est pour ça que je suis rentré dans la Marine et j’ai vraiment aimé ça».

«J’étais au milieu du bateau, enfermé et j’avais un travail assez délicat parce que je devais décoder les messager que quelqu’un apportait ensuite au capitaine», a-t-il expliqué en entrevue avec 45eNord.ca. Mais en étant au milieu du bateau, le stress était sans doute paradoxalement plus élevé pour lui parce que «on ne savait pas vraiment ce qu’il se passait… si on était proche de se prendre une mine».

Sans une seule hésitation, M. L’Heureux affirme que l’après Débarquement de Normandie a été plus dur pour lui mentalement. «Oh oui! Je suis resté comme marqué de ça. Mon caractère a changé et je suis devenu plus sensible».

Mais Pierre-André L’Heureux a aussi un secret-anecdote lors du Débarquement : même s’il n’avait pas le droit, il avait caché un petit appareil photo attaché avec une corde autour de sa jambe pour pouvoir documenter ce qu’il se passait et lorsqu’il n’était pas enfermé dans sa salle pour décoder les messages, il allait sur le pont et prenait des photos.

«Depuis que j’ai perdu mon épouse il y a 24 ans, dans ma solitude, j’aime revoir ces photos, ouvrir mon album et revoir mes amis qui sont partis et que j’aimais», de dire avec émotion M. L’Heureux.

En attendant, et pour ne pas oublier ce que ces vétérans, comme Pierre-André L’Heureux, ont accompli, les 14 paires de bottes différentes seront présentés à Halifax dans quelques jours, mais une ira encore plus loin, en se rendant jusque sur les plages de Normandie, dans les pas des Canadiens qui, pour certains, ne sont jamais revenus du Jour J.