Tir de roquette sur la Zone verte à Bagdad, siège de l’ambassade américaine

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Contrôle de sécurité dans la Zone verte ultrasécurisée de Bagdad le 10 décembre 2018. (AFP)
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Contrôle de sécurité dans la Zone verte ultrasécurisée de Bagdad le 10 décembre 2018. (AFP)
Une roquette a été tirée dimanche sur la Zone verte de Bagdad, un secteur ultrasécurisé où siège l’ambassade des Etats-Unis, quelques jours après le rappel par l’administration américaine de ses diplomates non essentiels en Irak.

Selon un communiqué des forces de sécurité irakiennes, la roquette de type Katioucha est tombée sans faire de victimes dans le centre de la Zone verte, où sont également basés notamment le gouvernement et le Parlement irakiens ainsi que l’ambassade de Grande-Bretagne.

Les mêmes sources n’ont pas précisé quelle était l’éventuelle cible visée dans cette zone.

Selon une source policière, le projectile a été tiré d’une « zone abandonnée » dans le sud de Bagdad.  

Située sur un périmètre de 10 km carrés au bord du Tigre, dans le centre de la capitale irakienne, la Zone Verte est un îlot bunkérisé créé après l’invasion de l’Irak en 2003 par l’armée américaine qui avait renversé le régime de Saddam Hussein.

Elle est entourée de murs de béton surmontés de barbelés. L’une de ses artères a été rouverte fin 2018 et les automobilistes peuvent l’emprunter de la fin de l’après-midi jusqu’au lever du jour, lorsque les institutions officielles et les chancelleries occidentales sont fermées.

L’Irak, dévasté par des années de violences et de conflits dont l’un l’opposant au groupe jihadiste Etat islamique (EI), continue d’être en proie à l’insécurité avec des attentats meurtriers, même s’ils sont devenus moins fréquents.

Le dernier en date a fait huit morts le 9 mai à Bagdad mais n’a pas été revendiqué. L’Irak a proclamé fin 2017 la victoire sur l’EI qui avait occupé pendant plus de trois ans de vastes pans du territoire. Chassés des centres urbains, des combattants de l’EI ont fui dans le désert irakien.

Le tir de roquette survient en outre au moment où les tensions montent entre l’Iran, pays voisin de l’Irak, et les Etats-Unis qui ont renforcé les sanctions contre Téhéran ainsi que leur présence militaire dans la région.

Ces tensions sont liées au retrait américain il y a un an de l’accord international visant à limiter le programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions. Les Etats-Unis ont du coup rétabli leurs sanctions, plombant l’économie iranienne. 

L’Irak, pays majoritairement chiite à la fois proche des Etats-Unis et du voisin iranien, est aujourd’hui dans une position délicate, Washington faisant pression pour qu’il limite ses liens avec Téhéran.

Jugeant que des groupes armés irakiens favorables à l’Iran constituaient une menace « imminente » contre leur personnel, les Etats-Unis ont rappelé le 15 mai leurs diplomates non essentiels de leur ambassade à Bagdad et du consulat d’Erbil (nord). 

Le 5 mai, l’administration de Donald Trump a annoncé le déploiement dans le Golfe du porte-avions Abraham Lincoln ainsi que de bombardiers B-52, invoquant également une « menace » de l’Iran.

Dimanche, le gouvernement irakien a critiqué une évacuation « temporaire » du personnel de la compagnie américaine ExxonMobil opérant sur le site pétrolier de West Qorna, dans le sud du pays. Selon lui, ce « retrait » est justifié par des « raisons politiques liées probablement aux tensions dans la région ».

« Nous avons pour principe de ne pas donner de détails liés aux personnels dans nos installations », a indiqué une porte-parole d’ExxonMobil, interrogée par l’AFP aux Etats-Unis.