En visite au Japon, Trump relativise les tirs de missiles nord-coréens

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Des badauds attendent l'arrivée du président Donald Trump devant son hôtel à Tokyo, le 25 mai 2019. (AFP)
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Des badauds attendent l’arrivée du président Donald Trump devant son hôtel à Tokyo, le 25 mai 2019. (AFP)
Le président américain Donald Trump a renouvelé dimanche sa confiance au dirigeant nord-coréen Kim Jong Un malgré les récents essais d’armes menés par Pyongyang, au deuxième jour de sa visite d’Etat au Japon.

Avant une partie de golf avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, M. Trump s’est fendu d’un tweet matinal sur le dossier, dans l’intention apparente de calmer les tensions.

« La Corée du Nord a lancé quelques petites armes, ce qui a dérangé certains dans mon pays et d’autres, mais pas moi », a lancé M. Trump.

Il faisait visiblement référence à des propos de son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, qui avait jugé la veille que les deux essais de missile à courte portée, effectués début mai par Pyongyang pour la première fois en un an et demi, constituaient « sans nul doute » une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu. 

« Je fais confiance au président Kim pour tenir sa promesse à mon égard », a insisté le locataire de la Maison Blanche.

Un premier sommet historique entre les deux hommes, en juin 2018 à Singapour, s’était achevé sur une déclaration commune évoquant la « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », formulation vague permettant aux deux parties d’en faire des interprétations très différentes. Mais le second sommet, à Hanoï en février, s’est soldé par un retentissant fiasco.

Commerce, pas avant l’été

Le sujet sera probablement abordé lundi au cours des discussions officielles prévues entre MM. Trump et Abe, qui aborderont aussi la question du commerce alors que les Etats-Unis, première économie du monde et le Japon, troisième, tentent de parvenir à un accord bilatéral.

Mais il ne faut s’attendre à aucune annonce à l’occasion de ce séjour. « Nous avons beaucoup avancé dans nos négociations », mais « l’essentiel attendra » après les élections sénatoriales prévues en juillet dans l’archipel, a prévenu le président américain. Des rumeurs prêtent à M. Abe l’intention d’appeler aussi à des législatives anticipées.

Dès son arrivée sur le sol nippon samedi, Donald Trump avait mis les pieds dans le plat, fustigeant des échanges commerciaux selon lui déséquilibrés à l’avantage du Japon.

Cela va devenir « un peu plus juste », avait-il estimé devant un parterre de PDG japonais, dont ceux du secteur automobile, dans une allusion aux discussions en cours.

Avant sa rencontre lundi avec le nouvel empereur Naruhito, moment fort de la visite, dimanche était consacré au renforcement, dans la détente, des liens entre les deux pays et de « l’amitié » entre leurs deux dirigeants.

Par une chaleur écrasante et sous un ciel sans nuages, MM. Trump et Abe ont joué une partie au club de golf Mobara, dans la préfecture de Chiba près de Tokyo.

M. Abe, pantalon blanc et veste de sport bleue, a pris le volant de la voiturette pour accompagner son hôte vêtu lui d’un pantalon noir et d’un pullover rouge et coiffé d’une casquette rouge arborant les lettres USA. 

Le Premier ministre japonais a ensuite tweeté un selfie des deux hommes grand sourire.

Lancer de coussins interdit

Après le golf, les deux hommes se rendent à la finale du Tournoi de sumo en cours à Tokyo, et M. Trump remettra la « Coupe présidentielle », une trentaine de kilogrammes et 1,4 m de haut, au vainqueur. On sait depuis les dernières joutes de samedi après-midi qu’il s’agira du Japonais Asanoyama, qui restera quoi qu’il arrive dimanche détenteur du plus grand nombre de victoires.

L’immense enceinte de plus de 10.000 places, le Ryogoku Kokugikan, véritable temple du sumo, a été placée sous haute sécurité, avec de stricts contrôles des spectateurs.

Du fait de cette surveillance exceptionnelle, une longue file se formait devant les portes par des températures étouffantes. « Je m’attendais à davantage de sécurité, mais pas à ce point », a confié à l’AFP un homme de 76 ans, Hisato Koizumi. « Je n’aime pas cela ».

« C’est vraiment exagéré. C’est pénible. Il n’y pas tant de gens mauvais au Japon », se plaignait également Miyo Hirase, 80 ans.

Pour l’occasion, les aficionados ont été prévenus: il sera interdit de lancer leurs coussins – comme le veut la tradition quand un grand champion, un « yokozuna », est renversé par son adversaire – de peur qu’ils ne viennent toucher par mégarde le chef d’Etat américain.

« En cas de lancer de coussins à l’intérieur de l’arène, vous vous exposez à une expulsion et à des sanctions. Veuillez vous en abstenir », pouvait-on lire sur un dépliant distribué à l’entrée. « Nous ne vendrons plus de billets à l’avenir à ceux qui commettraient de tels actes ».