Yémen: le PAM a eu accès à des entrepôts de blé cruciaux à Hodeida

Des soldats de la coalition progouvernementale en poste devant les installations de la compagnie Red Sea Mills dans le port yéménite de Hodeida (ouest), le 22 janvier 2019. (AFP)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Des soldats de la coalition progouvernementale en poste devant les installations de la compagnie Red Sea Mills dans le port yéménite de Hodeida (ouest), le 22 janvier 2019. (AFP)
Une mission du Programme alimentaire mondial (PAM) et une équipe technique ont eu accès dimanche à des entrepôts de blé dans la ville portuaire de Hodeida, dans l’ouest du Yémen, qui sont cruciaux pour la population épuisée par quatre années de guerre.

La guerre dans ce pays le plus pauvre de la péninsule arabique a provoqué la pire crise humanitaire en cours dans le monde, avec des millions de civils au bord de la famine, selon l’ONU.

Le mois dernier, une mission du PAM dans les entrepôts de l’entreprise Red Sea Mills à Hodeida avait dû être reportée pour des « raisons de sécurité », selon cette organisation.

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite qui combat depuis mars 2015 aux côtés des forces loyalistes avait accusé les rebelles appuyés par l’Iran d’avoir bloqué l’accès aux entrepôts à Hodeida, l’un des principaux fronts de la guerre.

Dimanche, Hervé Verhoosel, porte-parole du PAM, a déclaré à l’AFP qu’une mission dirigée par le PAM et une petite équipe technique de la compagnie des Red Sea Mills avaient pu accéder aux entrepôts, contrôlés par les forces gouvernementales.

« L’équipe technique restera sur place pour nettoyer et entretenir l’équipement de meunerie en vue de la mouture et de la distribution éventuelle du blé », a-t-il indiqué.

En février, une équipe du PAM avait visité le site pour la première fois depuis septembre, date à laquelle il était devenu inaccessible en raison des affrontements. Quelque 51.000 tonnes de blé y étaient entreposées, de quoi nourrir 3,7 millions de personnes pendant un mois.

Des tests effectués en laboratoire avaient confirmé la présence de charançons et la nécessité de procéder à une fumigation avant que le blé ne soit transformé en farine, selon le PAM.

D’après M. Verhoosel, environ 70% du blé pourrait encore être récupérable, mais le rendement en farine sera inférieur à la normale.

En décembre, lors de pourparlers interyéménites sous l’égide de l’ONU en Suède, une trêve a été conclue à Hodeida, mais le désengagement militaire des combattants n’a toujours pas eu lieu.

Le conflit au Yémen a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires.

Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux-tiers de la population, ont besoin d’assistance, selon l’ONU.