Vétérans sans-abri: les Communes proposent une solution

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Il y aurait au moins de 3000 à 5000 vétérans à vivre dans la rue au Canada, mais fort probablement plus. (Matthew Woitunski/Wikimedia Commons)
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La Chambre des communes a adopté jeudi à l’unanimité une motion présentée par le député libéral ontarien Neil Ellis demandant au gouvernement de mettre un terme à l’itinérance chez les anciens combattants et proposant une solution inspirée du modèle américain.

La motion du député libéral ontarien demande au gouvernement de se « fixer comme objectif de prévenir l’itinérance chez les anciens combattants du Canada et d’y mettre un terme d’ici 2025 ».

Mais le problème n’est pas tant le manque de ressources que le grand nombre de vétérans sans-abri qui passent à travers les mailles du filet.

Il est difficile d’évaluer de façon précise le nombre d’anciens combattants sans abri, mais plusieurs études évoquent une fourchette de 3000 à 5000 personnes, mais il y en a fort probablement plus, puisque plusieurs vétérans sans-abri ne fréquentent pas les refuges et que, parmi ceux qui le font, plusieurs ne font pas état de leur qualité de vétérans.

La résolution de la Chambre des Communes exhorte quant à elle le gouvernement à examiner si un programme pour les vétérans créé aux États-Unis peut être «transposé dans le contexte canadien et compléter ainsi la Stratégie nationale du logement».

Le programme américain dont il est question dans la résolution adoptée à la Chambre des Communes, HUD-VASH, est un programme collaboratif entre le U.S. Department of Housing and Urban Development (HUD) et le U.S. Department of Veterans Affaires qui combine des bons de logement de HUD à des services de soutien pour aider les vétérans sans abri et leurs familles à trouver et à conserver un logement permanent.

Par l’intermédiaire des administrations des logements sociaux, HUD fournit, comme l’explique le ministère américain des Vétérans sur son site, des bons d’assistance au logement pour les logements privés aux anciens combattants admissibles aux services de soins de santé du ministère et qui se retrouvent sans abri.

Les gestionnaires de cas du ministère peuvent mettre ces vétérans en contact avec des services de soutien, que ce soit pour des soins de santé, un traitement de la santé mentale ou conseils en matière de toxicomanie, afin de les aider dans leur processus de rétablissement et leur permettre de conserver un logement dans la communauté.

Le programme «Veterans Administration Supportive Housing» américain a permis de réduire de moitié le nombre d’anciens combattants sans-abri aux États-Unis.

Les députés demandent donc dans leur résolution d’envisager la mise en oeuvre d’un programme inspiré de l’exemple américain et presse le gouvernement de présenter à ce sujet un plan d’ici 2020.

Le nouveau ministre libéral des Anciens Combattants a pour sa part accueilli favorablement cette résolution, félicitant le député Ellis et se montrant disposé à passer à l’action.

Le premier ministre Justin Trudeau avait donné le ton, la veille, au cours de la période des questions, annonçant que son gouvernement appuyait la résolution.