La Chine blâme le Canada pour la dégradation de leur relation

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Une image des Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig est brandie par l'activiste de Vancouver Freedom and Democracy for China Louis Huang, le 6 mars 2019 à Vancouver. (AFP)
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Le Canada porte « l’entière responsabilité » de la dégradation de ses relations diplomatiques avec la Chine, a estimé jeudi Pékin, après avoir rejeté une demande de dialogue d’Ottawa.

Mise à jour 13/06/2019, 19h48

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a catégoriquement rejeté, jeudi, la demande de la Chine de libérer la dirigeante de Huawei, Meng Wanzhou, affirmant que cela créerait un dangereux précédent qui pourrait mettre en péril tous les Canadiens à l’étranger.

Mme Freeland se trouvait depuis mercredi à Washington, où elle a rencontré de hauts responsables de la Maison-Blanche et des élus américains, alors que le premier ministre Justin Trudeau et le président Donald Trump se rencontreront jeudi prochain dans la capitale américaine.

Le Canada porte « l’entière responsabilité » de la dégradation de ses relations diplomatiques avec la Chine, a estimé jeudi Pékin, après avoir rejeté une demande de dialogue d’Ottawa.

Les relations entre les deux pays se sont détériorées depuis décembre, lorsque la police de Vancouver a arrêté Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, sur la base d’un mandat d’arrêt américain. La justice américaine l’accuse d’avoir contourné les sanctions américaines contre l’Iran, mais aussi, via deux filiales, d’avoir volé des secrets industriels du groupe de télécoms américain T-Mobile. Ses avocats contestent.

Quelques jours plus tard, la Chine avait arrêté l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig et son compatriote consultant Michael Spavor, qu’elle soupçonne d’espionnage, et a depuis condamné à mort deux autres Canadiens reconnus coupables de trafic de drogue.

Les services du premier ministre Justin Trudeau ont indiqué mercredi que la Chine avait ignoré en janvier une demande d’entretien avec son homologue chinois Li Keqiang pour « plaider personnellement » pour la libération immédiate des deux premiers Canadiens, et pour la clémence pour les deux condamnés.

Geng Shuang, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré jeudi n’avoir pas entendu parler de la démarche canadienne. « Mais ce que je peux vous dire est que les difficultés actuelles dans les relations Chine-Canada sont entièrement causées par le Canada, et que la partie canadienne en porte l’entière responsabilité », a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.

La Chine a dit suspecter que Spavor et Kovrig (ce dernier travaille pour le groupe de réflexion International Crisis Group) travaillaient séparément à voler des secrets d’État.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que les deux hommes étaient emprisonnés « pour des raisons politiques ».

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a également indiqué le mois dernier qu’elle avait cherché à rencontrer son homologue chinois Wang Yi, sans succès.

La Chine a de son côté bloqué des milliards de dollars de produits agricoles canadiens.

Meng Wanzhou, la dirigeante de Huawei, vit sous assignation à résidence à Vancouver en attendant une audience d’extradition prévu début 2020.

« Nous espérons que le Canada va sincèrement prendre en compte les graves inquiétudes de la Chine et relâcher immédiatement Mme Meng Wanzhou […] et prendre des mesures concrètes pour rétablir les relations Chine-Canada aussi vite que possible », a ajouté M. Geng lors de la conférence de presse.