Les deux Canadiennes enlevées au Ghana libérées

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Les deux étudiantes, âgées de 19 et 20 ans, ont été kidnappées, vraisemblablement contre rançon, le 4 juin au soir en sortant d'un taxi devant le Royal Golf Club de Kumasi, à environ 250 kilomètres au nord de la capitale, Accra. (Mahmud Mohammed-Nurudeen/AFP)
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Deux jeunes Canadiennes enlevées il y a une semaine à Kumasi, deuxième ville du Ghana, ont été libérées mercredi matin, ont annoncé les autorités du Ghana, paisible pays d’Afrique de l’Ouest jusqu’alors épargné par les violences qui agitent ses voisins.

Les deux étudiantes, âgées de 19 et 20 ans, ont été kidnappées, vraisemblablement contre rançon, le 4 juin au soir en sortant d’un taxi devant le Royal Golf Club de Kumasi, à environ 250 kilomètres au nord de la capitale, Accra.

Une troisième jeune femme qui se trouvait dans le véhicule n’a pas eu le temps de sortir, lorsque ses deux camarades ont été enlevées.

La police n’a pas donné leurs noms, mais a précisé qu’elles étaient des volontaires travaillant pour Youth Challenge International, une ONG d’entraide canadienne.

Plusieurs enlèvements crapuleux ont eu lieu ces derniers mois dans le pays, « un phénomène qui touche nos frères nigérians, mais que nous ne connaissions pas avant », avait regretté fin avril le président Nana Akufo-Addo.

Mercredi, sur Twitter, la police a d’ailleurs conseillé d’« avoir conscience de son environnement à chaque instant, et de prendre des mesures pour garantir sa propre sécurité ».  

Un opposant brièvement arrêté

Le Ghana n’a connu aucun trouble majeur de sécurité dans son histoire, pourtant au cœur d’une région tourmentée par les guerres civiles, la criminalité rampante et les groupes djihadistes.  

Grâce à ce passé, le pays « a longtemps eu une réputation enviable de pays le plus sûr d’Afrique de l’Ouest, loin des violences qui ont entaché la plupart de ses voisins », explique à l’AFP Nnamdi Obasi, analyste à l’International Crisis Group.  

Mais « la montée des enlèvements crapuleux pourrait entacher cette réputation durement gagnée, méritée. Et pourrait aussi faire du mal au tourisme, un secteur important » de ce pays de 30 millions d’habitants.

Le tourisme compte pour environ 5 % du PIB du Ghana, dont les plages bordées de palmiers et les vestiges de la traite des esclaves attirent les touristes, notamment nord-américains.  

Mais la hausse des kidnappings contre rançon inquiète les professionnels. « Cela pourrait toucher notre commerce », craint Samuel Owusu Oppong, gérant d’une auberge de jeunesse dans la capitale.

En décembre, trois femmes ont été enlevées à Takoeradi, dans le sud. En avril, un Indien, enlevé à Kumasi par un gang armé, a été rapidement secouru par la police. Le même mois, le consul d’Estonie a aussi été kidnappé et retenu brièvement par ses ravisseurs.  

« Qui voudrait visiter un pays qui n’est pas sûr ? », s’interroge Adam Bonaa, directeur de Security Warehouse Limited, une entreprise de systèmes de sécurité. « On veut un pays dans lequel on peut se promener sans regarder par dessus son épaule ».  

Mardi soir, la police ghanéenne a brièvement arrêté le président du plus important parti d’opposition, Samuel Ofosu-Ampofo, chef du Congrès national démocratique (NDC), assurant qu’il était soupçonné d’être « en lien avec différents enlèvements ».

« Le service des enquêtes criminelles enquête sur différents enlèvements […] dans lesquels, selon du renseignement crédible et utilisable, M. Samuel Ofosu-Ampofo […] est un suspect », a indiqué un communiqué de la police, sans plus de détails.  

À peine une heure plus tard, le compte officiel de la Police tweetait qu’il avait « été relâché et était attendu au quartier général du service des enquêtes criminelles jeudi 13 juin ».