Guerre des mots Iran-États-Unis après les attaques dans le Golfe (VIDÉO)

Une photo obtenue par l'AFP auprès de l'agence de presse iranienne Tasnim le 13 juin 2019 montre ce qu'elle présente être un bateau iranien aidant à éteindre le feu d'un des navires attaqués dans la région du Golfe. (AFP)
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L’Iran et les Etats-Unis sont engagés dans une guerre des mots vendredi après des attaques contre deux pétroliers dans la région du Golfe, où les fortes tensions entre les deux pays ennemis font craindre un embrasement.

Les cours du pétrole ont continué de grimper en Asie au lendemain des attaques jeudi qui ont provoqué des incendies à bord de deux tankers en mer d’Oman, près du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique à l’échelle mondiale, près d’un mois après des attaques contre quatre navires dont trois pétroliers au large des Emirats arabes unis.

Les Etats-Unis ont directement accusé l’Iran d’être à l’origine des attaques qui n’ont pas été revendiquées et dont l’origine n’a pas été déterminée. Le Commandement central américain a publié une vidéo de ce qu’il présente comme l’accostage d’un des tankers par une vedette rapide des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du régime iranien, qui retire une mine non explosée de la coque du pétrolier.

« L’Iran est responsable des attaques en mer d’Oman », a affirmé le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo jeudi, en dénonçant « une escalade des tensions inacceptable de la part de l’Iran ».

En retour, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a accusé sur Twitter les Etats-Unis « de sabotage diplomatique et de maquillage de son #TerrorismeEconomique contre l’Iran », et son ministère a jugé « sans fondement » les accusations d’une implication iranienne dans les attaques.

En visite au Kirghizstan, le président iranien Hassan Rohani a lui accusé les Etats-Unis « de représenter une grave menace à la stabilité dans la région et dans le monde, en violant toutes les règles internationales ». 

« Tout va bien »

En réaction à la vidéo du Centcom, Press TV, la chaîne d’information en anglais de la télévision d’Etat iranienne, a écrit sur Twitter que les Gardiens de la Révolution étaient « la force la plus proche du lieu de l’incident » et que « l’#Iran a été le premier à se rendre sur place pour sauver les équipages ».

La région subit une escalade des tensions entre l’Iran et l’administration de Donald Trump qui a claqué la porte il y a près d’un an de l’accord international sur le nucléaire iranien et rétabli les sanctions économiques et diplomatiques contre Téhéran. Début mai, Les Etats-Unis ont envoyé des renforts militaires au Moyen-Orient, accusant l’Iran de préparer des attaques « imminentes » contre des intérêts américains.

Les autorités maritimes norvégiennes ont fait état de trois explosions à bord du « Front Altair« , propriété de la compagnie Frontline, cotée à la Bourse Oslo, et qui transportait du naphta.

L’incendie provoqué par les explosions a été éteint, a indiqué Frontline vendredi en soulignant que les 23 membres d’équipage secourus par l’Iran étaient en route pour le port iranien de Bandar Abbas avant leur rapatriement. 

La télévision d’Etat iranienne a publié des images de l’équipage du « Front Altair« , affirmant que tous ses membres étaient « en parfaite santé ». Sur les images, un des officiers du Front Altair, qui se présente comme Russe, déclare que « tout va bien » et remercie l’Iran pour son « hospitalité ».

Le second navire, le Kokuka Courageous, un méthanier, a essuyé des tirs et sa cargaison est intacte, selon son opérateur japonais, Kokuka Sangyo. Le navire et les 21 membres d’équipage secourus par l’US Navy, sont en route pour le port de Khor Fakkan aux Emirats.

Selon le patron de la société propriétaire du tanker, l’équipage a signalé avoir vu un « objet volant » viser l’embarcation. « Puis il y a eu une explosion ». 

Le pétrole en hausse

Les attaques répétées contre les tankers et les installations pétrolières dans le Golfe risquent de perturber l’approvisionnement du marché mondial et de provoquer un conflit armé impliquant l’Iran, estiment des analystes.

La Chine a appelé « au dialogue » au lendemain d’une réunion en urgence à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU et d’une déclaration du chef de l’ONU Antonio Guterres avertissant que le monde ne pouvait pas se permettre un conflit majeur dans le Golfe. 

Il y a juste un mois, les Etats-Unis avaient accusé l’Iran d’être « très vraisemblablement » derrière les sabotages le 12 mai de quatre pétroliers au large des Emirats arabes unis, ce que Téhéran avait aussi nié.

Vendredi, les Emirats, pays allié de l’Arabie saoudite, ont dénoncé une « dangereuse escalade ».

Allié des Etats-Unis et principal rival de l’Iran dans la région, le royaume saoudien a été de nouveau la cible d’une attaque de drones menée par les rebelles au Yémen voisin, soutenus politiquement par Téhéran. Cinq drones ont été interceptés au cours d’une nouvelle attaque contre l’aéroport d’Abha (sud-ouest). Après les attaques contre des pétroliers, les prix du pétrole ont continué à grimper face à la menace d’un conflit ouvert autour du détroit d’Ormuz, par lequel transitent quelque 15 millions barils par jour de brut.

Vers 04H45 GMT, le baril de « light sweet crude » (WTI), référence américaine du brut, pour livraison en juillet, gagnait 21 cents à 52,49 dollars dans les échanges électroniques en Asie. Le baril de Brent, référence européenne, pour août, progressait de 44 cents à 61,75 dollars.