Irak: des roquettes visent complexes militaires et pétroliers où sont basés des Américains

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Des soldats des forces spéciales américaines lors de l'offensive contre la ville irakienne de Mossoul, le 23 février 2017. (Archives/AFP)
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Des roquettes ont visé des bases militaires ou entreprises où sont basés des Américains à travers l’Irak à cinq reprises en moins d’une semaine, ont affirmé des responsables sur fond de tensions entre les deux grands alliés de Bagdad, Washington et Téhéran.

Ces tirs, recensés depuis vendredi, n’ont pas encore été revendiqués, mais l’Irak dit redouter depuis plusieurs semaines que les tensions entre l’Iran et les États-Unis dans le Golfe ne dégénèrent sur son sol.

Un tel embrasement, affirment les observateurs n’est pas à écarter dans un pays où la plupart des responsables politiques ou de groupes armés s’accusent mutuellement de loyauté envers diverses capitales, dont Téhéran, Ankara, Riyad et Washington.

Mercredi à l’aube, « une roquette Katioucha s’est abattue sur une compagnie de forage irakienne dans le secteur de Bourjessiya, près de Bassora, faisant trois blessés selon un premier bilan », indique un communiqué du Commandement militaire irakien.

Assem Djihad, le porte-parole du ministère du Pétrole, a précisé à l’AFP que les trois blessés étaient tous Irakiens.

Bourjessya est un complexe où sont basées différentes compagnies pétrolières, locales et étrangères, dont l’Américaine Exxon Mobil.

Ses 83 employés expatriés avaient repris il y a moins de trois semaines leurs postes sur le site pétrolier de la province de Bassora frontalière de l’Iran. Ils s’étaient retirés mi-mai après que Washington a rappelé ses diplomates non essentiels de son ambassade à Bagdad et du consulat d’Erbil (nord).

Bourjessiya est situé à plusieurs kilomètres des puits et autres installations pétrolières et l’incident de la nuit « n’a eu aucun impact sur la production », a assuré M. Djihad.

Quelques heures auparavant, le Commandement militaire annonçait qu’une « roquette Katioucha s’est abattue sur le commandement des opérations de la province de Ninive » à Mossoul, dans le nord-ouest du pays, où selon des sources locales des troupes américaines sont déployées.

Le commandement militaire de Ninive a précisé que cette roquette était « de fabrication locale ».

Lundi soir, le Commandement militaire irakien avait indiqué que « trois roquettes Katioucha s’étaient abattues sur la base militaire de Taji », où sont basées des troupes étrangères, notamment américaines, et irakiennes.

Si aucun groupe n’a revendiqué ces tirs, pour cet incident précis, leur origine a été localisée dans des zones chiites du nord de Bagdad, soulignent des observateurs. Ce qui exclut de fait, selon eux, la possibilité qu’il s’agisse d’une attaque djihadiste et pointe plutôt des milices pro-Iran.

Dans le même temps, selon un responsable, qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat, des tirs ont également visé une base aérienne militaire à Bagdad.

Avant cela, vendredi soir, « trois obus de mortier se sont abattus sur la base militaire aérienne de Balad, déclenchant un incendie », a-t-on indiqué de même source.

Mardi soir, le premier ministre Adel Abdel Mahdi a affirmé avoir « ordonné à toutes les forces de prendre toutes les mesures nécessaires » pour faire cesser les tirs de projectiles.  

« Ces actions font obstacle au travail politique et donnent une image erronée de la situation sécuritaire », a-t-il martelé.

Depuis que l’Irak s’est déclaré vainqueur des djihadistes du groupe État islamique (EI) fin 2017, le pays tente de se présenter comme un acteur diplomatique incontournable en faisant valoir une stabilité retrouvée.