Israël a le «droit» d’annexer une partie de la Cisjordanie, déclare l’ambassadeur américain!

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Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo (g) et l'ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman devant l'ambassade américaine à Jérusalem, le 21 mars 2019. (AFP)
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Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo (g) et l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman devant l’ambassade américaine à Jérusalem, le 21 mars 2019. (AFP)
Israël a le droit d’annexer « une partie » de la Cisjordanie occupée, a affirmé samedi l’ambassadeur des États-Unis dans l’État hébreu, des propos susceptibles de renforcer l’opposition des Palestiniens à un plan de paix de Washington que les États-Unis n’ont pas encore dévoilé.

Les Palestiniens ont rejeté ce plan de paix avant même de le connaître tant l’administration du président Donald Trump s’est discréditée à leurs yeux par ses mesures hostiles à leur cause et foncièrement pro-israéliennes selon eux, comme le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem en mai 2018.

« Sous certaines circonstances […] je pense qu’Israël a le droit de conserver une partie, mais pas toute, de la Cisjordanie », territoire palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans, a déclaré l’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, dans une entrevue publiée samedi dans le quotidien américain New York Times.

Aucune date n’a encore été fixée pour l’annonce du plan de paix, mais il ne devrait pas répondre aux principales revendications des Palestiniens, comme l’instauration d’un État souverain.

La Maison-Blanche a prévu de présenter les 25 et 26 juin à Bahreïn le volet économique du plan.

« La dernière chose dont le monde a besoin c’est d’un État palestinien défaillant entre Israël et la Jordanie », a affirmé M. Friedman, ajoutant : « Nous comptons sur le fait que le bon plan au bon moment recevra la bonne réaction ».

Soutenant avec ferveur les colonies israéliennes, M. Friedman a également déclaré que le plan de paix américain était destiné à améliorer la qualité de vie des Palestiniens, mais sans procurer de « résolution permanente du conflit ».

L’ambassadeur a précisé que les États-Unis collaboreront étroitement avec la Jordanie, où une grande partie de la population d’origine palestinienne perçoit le plan américain comme largement favorable à Israël.

Pour l’ONG israélienne anticolonisation La Paix Maintenant, Donald Trump devrait rappeler M. Friedman s’il souhaite que ses efforts de paix restent crédibles.

« Le président américain, si c’est dans ses intentions d’être un intermédiaire honnête, devrait ordonner à Friedman de faire ses valises ce soir », a estimé l’ONG dans un communiqué publié sur Twitter.

« Avec des amis comme l’ambassadeur des États-Unis David Friedman, qui a besoin d’ennemis ? », a ajouté Peace Now.

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexée, illégale au regard du droit international, s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967.

Plus de 600 000 colons israéliens y mènent une coexistence souvent conflictuelle avec près de trois millions de Palestiniens.

Lors de la campagne pour les législatives d’avril, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou avait promis, en cas de réélection, d’annexer des colonies israéliennes en Cisjordanie.

Ayant échoué à former une coalition après les élections, M. Nétanyahou a dû faire voter par le Parlement sa dissolution afin d’éviter que le président ne confie à un autre le soin de former une coalition sans lui. De nouvelles élections auront lieu le 17 septembre.