Kushner suggère que les Palestiniens ne sont pas prêts à se gouverner eux-mêmes

Jared Kushner, conseiller principal du président Donald Trump, était le conférencier principal le 2 mi du dîner du symposium Soref 2019 du Washington Institute, dont le thème était l'effort de paix au Moyen-Orient de l'administration Trump. (Washington Institute)
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Jared Kushner, conseiller principal du président Donald Trump, était le conférencier principal le 2 mi du dîner du symposium Soref 2019 du Washington Institute, dont le thème était l’effort de paix au Moyen-Orient de l’administration Trump. (Archives/Washington Institute)
Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump et architecte d’un plan très attendu pour résoudre le conflit israélo-palestinien, a estimé que les Palestiniens devraient avoir le « droit à l’autodétermination », mais ne semblaient pas prêts à se gouverner eux-mêmes.

M. Kushner a aussi mis en doute, dans un entretien accordé au site d’information Axios, l’éventualité d’un État palestinien indépendant échappant à toute ingérence israélienne.

Interrogé sur l’absence totale de confiance des Palestiniens à son égard, il a répondu ne pas être « là pour qu’on (lui) fasse confiance ».

Le genre et conseiller du président américain s’exprimait quelques semaines avant que l’administration Trump ne dévoile à Bahreïn le volet économique d’un plan auquel M. Kushner et d’autres travaillent depuis des mois pour régler le conflit entre Israël et les Palestiniens. Son contenu politique reste totalement inconnu.

L’une des grandes interrogations réside dans le sort fait à l’aspiration des Palestiniens à un État indépendant.

M. Kushner a déjà dit que le plan ne ferait pas référence à la solution dite à deux États, c’est-à-dire la création d’un État palestinien coexistant avec Israël. Cette solution fait référence pour l’ONU et est endossée par la direction palestinienne internationalement reconnue.

Depuis son intronisation, l’administration Trump a multiplié les actes pro-israéliens et les mesures défavorables aux Palestiniens. Rompant avec ses devancières, elle a refusé de souscrire à une solution à deux États.

Les Palestiniens « devraient avoir (le droit à) l’autodétermination », a dit M. Kushner à Axios, sans préciser ce qu’il entendait par là.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, grand allié du président Trump, entend que, dans tout règlement, Israël conserve le contrôle de la sécurité jusqu’au Jourdain, y compris donc en Cisjordanie, territoire actuellement occupé par Israël et censé faire partie d’un éventuel État palestinien.

Interrogé sur l’éventualité que les Palestiniens puissent se gouverner sans immixtion gouvernementale ou militaire israélienne, M. Kushner a répondu que « c’est placer la barre haut ».

« Quand on n’a pas une structure gouvernementale et un niveau de sécurité appropriés et que les gens (les Israéliens) vivent dans la peur du terrorisme, cela nuit aux Palestiniens », a-t-il dit.

Il a mis en doute la faculté des Palestiniens à se gouverner par eux-mêmes.  

« C’est une très bonne question », a-t-il répondu à ce propos, « j’espère qu’à terme ils seront capables de gouverner ».

Le fonctionnement politique palestinien est miné depuis des années par les dissensions entre l’Autorité palestinienne internationalement reconnue et le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza et largement ostracisé à l’étranger.

Les auteurs du plan insistent lourdement sur ses composantes économiques plutôt que politiques, les Palestiniens aspirant d’abord à une « vie meilleure » selon eux.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a gelé toutes les relations avec l’administration Trump, discréditée à ses yeux par une série de mesures, de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël à l’arrêt des aides aux Palestiniens.

« Je ne suis pas là pour qu’on me fasse confiance », a dit M. Kushner en distinguant entre les « gens » et les « technocrates » palestiniens.