Le Canada suspend les opérations de son ambassade au Venezuela

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Le Canada suspend les opérations de son ambassade au Venezuela
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Le Canada suspend les opérations de son ambassade au Venezuela
Accusant le gouvernement Maduro d’en empêcher le fonctionnement normal, le Canada suspend les opérations de son ambassade à Caracas, au Venezuela.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a déclaré dimanche par voie de communiqué qu’ Alors que le Venezuela sombre de plus en plus dans la dictature et que les Vénézuéliens continuent de souffrir aux mains du régime illégitime de Maduro, le régime a pris des mesures pour limiter la capacité des ambassades étrangères à fonctionner au Venezuela, en particulier celles qui préconisent le rétablissement de la démocratie au Venezuela.»

Ce n’est pas d »aujourd’hui que les relations entre Ottawa et Caracas sont tendues: en décembre 2017, après des mois de tensions et de frictions, le Venezuela, excédée par les critiques canadiennes, avait déclaré «persona non grata» le chargé d’affaires du Canada, Craib Kowalik, a annoncé samedi la présidente de l’Assemblée nationale constituante, Delcy Rodriguez, excédée par les critiques canadiennes.

En janvier 2019, alors que le président Nicolas Maduro prêtait serment en pour un deuxième mandat de six ans à la tête du Venezuela, rongé par une crise profonde et toujours plus isolé, le Canada avait tenu à réitérer son refus de reconnaître la légitimité et la légalité de son mandat, considéré comme illégitime par une grande partie de la communauté internationale et, un peu plus tard, avait annoncé annoncé qu’il reconnaissait l’opposant Juan Guaido, président du Parlement vénézuélien contrôlé par l’opposition, comme président par intérim.

Et, depuis, au sein du Groupe de Lima, qui comprend, outre le Canada, l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou, le Guyana et Sainte-Lucie, Ottawa cherche par tous les moyens, sauf l’option militaire, à pousser le président Maduro vers la sortie, seule solution à ses yeux pour régler la crise politique et sociale profonde qui affecte le Venezuela sous son régime contesté.

Les relations canado-vénézuéliennes semblent maintenant dans une impasse: «Malheureusement, à la fin du mois, les diplomates canadiens au Venezuela ne seront pas en mesure d’obtenir une accréditation diplomatique sous le régime de Maduro, et leurs visas expireront. Par conséquent, nous n’avons d’autre choix que de suspendre temporairement nos activités à l’ambassade du Canada au Venezuela, et ce, dès maintenant.», a déclaré la ministre Freeland.

Ottawa est également à évaluer également le statut des diplomates vénézuéliens nommés par le régime Maduro qui se trouvent au Canada, a également déclaré la cheffe de la diplomatie canadienne.

Pendant la suspension des activités de l’ambassade dans la capitale vénézuélienne, Affaires Mondiales, qui conseillent d’éviter tout voyage au Venezuela, les Canadiens pourront obtenir une aide consulaire et des informations auprès de l’ambassade du Canada en Colombie, à Bogotá.

Et, quoi qu’il en soit des activités de l’ambassade canadienne à Caracas, Ottawa, compte bien poursuivre ces efforts pour amener une transition politique au Venezuela, la ministre canadienne des Affaires étrangères déclarant que «Malgré cette suspension temporaire, le Canada, de concert avec la communauté internationale et ses partenaires du Groupe de Lima, continuera de défendre les droits du peuple vénézuélien et le retour complet de la démocratie au Venezuela. »

Chrystia Freeland, prendra part aujourd’hui à New York à une réunion de représentants du Groupe de Lima et du Groupe de contact international.

La ministre, en compagnie des ministres des Affaires étrangères du Pérou, M. Néstor Popolizio, et du Chili, M. Roberto Ampuero, à titre de représentants du Groupe de Lima, se réuniront avec la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Federica Mogherini, et les ministres des Affaires étrangères du Portugal, M. Augusto Santos Silva, et de l’Uruguay, M. Rodolfo Nin Novoa, pour discuter de la façon dont la communauté internationale peut soutenir le peuple vénézuélien dans sa lutte pour une transition pacifique vers la démocratie, indique le ministère canadien des Affaires étrangères.

Plus de trois millions de Vénézuéliens qui vivaient «sous la dictature illégitime de» , ont été forcés de fuir leur domicile depuis 2015, à la recherche de nourriture, de soins de santé et d’autres services de base., rappelle Ottawa.