Un bémol: Moscou appelle à ne pas «exagérer» l’importance du Débarquement

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Un char soviétique dans les rues de Saint Saint-Pétersbourg, le 24 janvier 2019, dans le cadre des répétitions pour les commémorations de la levée du blocus de Leningrad. (AFP)
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Le monument géant « Rodina-Mat’ zovyot! » (« La mère patrie appelle au combat ») à la mémoire des morts au champ d’honneur à Léningrad, en janvier 2013 à Volgograd. (Archives/Mikhail Mordasov/AFP)
La Russie a appelé mercredi à ne pas «exagérer» l’importance du Débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie, dont sera fêté jeudi le 75e anniversaire, et à ne pas «minimiser» ainsi le rôle de l’URSS dans la défaite d’Hitler.

«L’apport des Alliés dans la victoire sur le Troisième Reich est clair. Mais il ne faut pas l’exagérer et minimiser la signification des efforts titanesques de l’Union soviétique, sans laquelle cette victoire n’existerait tout simplement pas», a déclaré aux journalistes la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

Mme Zakharova, tout en «rendant hommage à tous ceux qui sont tombés», a dénoncé une «réécriture catastrophique de l’Histoire» donnant selon elle, notamment dans les films et les articles de presse, aux États-Unis et à leurs alliés un rôle prédominant dans la défaite allemande.

Justin Trudeau a lu un texte commémoratif dans le cadre des célébrations de mercredi à Portsmouth.

Selon elle, «le Débarquement en Normandie n’a pas eu d’influence décisive sur l’issue de la Seconde Guerre mondiale […] déjà déterminée par la victoire de l’Armée rouge, avant tout à Stalingrad, Koursk».

Donald Trump, Emmanuel Macron, la reine Élisabeth II et 300 vétérans ont donné mercredi à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre, le coup d’envoi des célébrations du 75e anniversaire du Débarquement du 6 juin 1944. Celles-ci doivent se poursuivre jeudi en France.

Les autorités russes et le président Vladimir Poutine, qui ne sera pas présent aux commémorations, dénoncent depuis de nombreuses années l’oubli dans lequel sont tombés selon eux en Occident les considérables sacrifices et les 27 millions de morts des Soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le souvenir de la Grande Guerre Patriotique, le nom donné en Russie au conflit armé entre l’URSS et l’Allemagne nazie, reste la source d’une immense fierté dans le pays et constitue un pilier essentiel du patriotisme prôné par le Kremlin.

Symbole des tensions entre Russes et Occidentaux, la plupart des Européens avaient boudé en 2015 la parade militaire du 9 mai pour les 70 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie, alors que les tensions étaient à leur comble à propos de l’Ukraine.