Le vice-amiral Mark Norman prend finalement sa retraite des Forces armées canadiennes

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Le vice-amiral Mark Norman. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Le vice-amiral Mark Norman prend sa retraite des Forces armées après avoir conclu une entente «acceptable» avec la Défense nationale.


Mise à jour du 27/06/2019 à 11h06

Alors que les conservateurs accusent le gouvernement libéral d’avoir acheté le silence de Mark Norman avec l’accord, juste avant le déclenchement des élections fédérales le ministre Sajjan, parlant depuis Bruxelles où il a assisté à une rencontre de l’OTAN, a réitéré qu’il ne pouvait pas discuter des détails du règlement, tels la valeur de l’entente ou si elle incluait une provision interdisant à Mark Norman de parler publiquement de son dossier, en raison de clauses de confidentialité.


Les détails demeureront toutefois confidentiels.

C’est avec l’aide de l’ancien juge en chef de la Cour d’appel de l’Ontario Warren Winkler, que les avocats représentant le gouvernement du Canada et le vice-amiral Mark Norman ont mis fin à des discussions menées «en toute bonne foi».

Selon le ministère, le vice-amiral Norman maintient son engagement à la Marine, aux Forces armées canadiennes, ainsi qu’à leur mission.

Cependant, après avoir consulté sa famille, sa chaîne de commandement et son avocat, le vice-amiral Norman a donc décidé de prendre sa retraite des Forces armées canadiennes.

Les deux parties croient que cette résolution permettra de recentrer l’attention sur le travail essentiel qu’accomplissent les Forces canadiennes, c’est-à-dire assurer la protection de la population canadienne dans son ensemble.

Le communiqué précise que le gouvernement du Canada «remercie le vice-amiral Norman de ses 38 années de service dévoué et lui souhaite bon succès dans tout ce qu’il entreprendra à l’avenir».

Une fin de carrière en queue de poisson

L’ex vice-chef d’état-major de la Défense a été suspendu de son poste de vice-chef d’état-major de la Défense en janvier 2017, puis accusé officiellement par la Gendarmerie royale du Canada en mars 2018 d’abus de confiance.

Les procureurs alléguaient que le vice-amiral a divulgué des documents confidentiels du Cabinet ministériel à des journalistes ainsi qu’à Chantier Davie qui devait convertir un navire ravitailleur pour la Marine royale canadienne, mais que le nouveau gouvernement libéral élu d’alors semblait remettre en cause.

Le vice-amiral, qui s’est adjoint les services de Me Marie Henein et Me Christine Mainville, a toujours affirmé être innocent, et le procès devait commencer au mois d’août, soit juste avant le déclenchement des élections fédérales et aurait pu être extrêmement dommageable pour Justin Trudeau en pleine campagne électorale.

Mais ce fut un coup de théâtre au palais de Justice d’Ottawa le mercredi 8 mai, alors que les procureurs de la Couronne ont annoncé qu’ils abandonnaient l’accusation d’abus de confiance déposée contre le vice-amiral Mark Norman.

Ils ont affirmé avoir reçu de nouvelles informations, fournies par les avocats de Mark Norman en mars dernier, qui ont offert «un plus grand contexte» à l’affaire et qui ont amené le Service des poursuites pénales du Canada a conclure qu’il «n’existe plus de perspective raisonnable de condamnation» tout en pesant «l’intérêt public de donner suite à l’accusation».

Au défilé de fin d’année du CMR Saint-Jean, le 21 mai 2016, le vice-amiral Norman en conversation avec un élof. (Archives/Jacques N. Godbout/45eNord.ca)

Mais une carrière remarquable!

Le vice‑amiral Norman est le fils d’un officier de l’Armée et le petit-fils d’un vétéran de la Première Guerre mondiale. En 1980, à la fin de sa scolarité obligatoire, qu’il a accomplie à Kingston, en Ontario, il s’enrôle dans la Réserve navale comme mécanicien de moteurs Diesel sur le NCSM Catarqui. En 1985, il est muté à la Force régulière.

Le vice-amiral Norman est un spécialiste de la guerre de surface et il a acquis une vaste expérience en mer dans diverses affectations, notamment comme membre de l’équipage ayant mis en service et ayant participé au déploiement opérationnel inaugural du NCSM Halifax, comme commandant en second du NCSM Iroquois, comme commandant du NCSM St. John’s et comme commandant de la Flotte canadienne de l’Atlantique.

Il a occupé différents postes d’état-major naval et interarmées dans divers domaines, comme l’analyse et le développement tactiques, les besoins en capacités, l’instruction et l’éducation, la planification opérationnelle et stratégique et la gestion des changements. En outre, il a occupé des postes clés de niveau supérieur à l’État‑major de la Marine, à l’État‑major interarmées stratégique, dans l’organisation du vice‑chef d’état‑major de la défense, comme chef adjoint de la transformation, et, plus récemment, comme Chef d’état‑major adjoint de la Marine et commandant adjoint de la Marine royale canadienne (MRC).

Le vice-amiral Norman détient un baccalauréat en économie de l’Université Queens. Il est diplômé du Cours d’officier de salle des opérations, du Cours de contrôleur de surface, du Cours de commandement et d’état‑major des Forces canadiennes, du Programme de sécurité nationale du Collège des Forces canadiennes à Toronto et, plus récemment, des programmes Capstone et Pinnacle donnés aux États-Unis.

En juin 2013, le vice-amiral Norman est promu à son grade actuel et nommé Chef d’état‑major de la Marine et commandant de la Marine royale canadienne. Après trois années enrichissantes, il quitte la MRC pour devenir le 26e vice-chef d’état-major de la Défense au cours de l’été 2016.