Afghanistan: «La paix arrive», clame le président Ghani alors qu’une attaque à Kaboul fait au moins deux morts

Le président de l'Afghanistan Ashraf Ghani lors d'un rassemblement à Kaboul, le 22 septembre 2014 (Archives/Wakil Kohsar/AFP)
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La campagne pour l’élection présidentielle du 28 septembre s’est ouverte dimanche en Afghanistan, le président Ashraf Ghani, candidat à sa réélection, assurant devant ses partisans que « la paix arrive et les négociations [avec les talibans] auront lieu », alors qu’une attaque contre les bureaux à Kaboul d’un de ses colistiers pour la présidentielle de septembre a fait au moins deux morts.

M. Ghani tenait sa première réunion électorale au lendemain de l’annonce par son ministre aux Affaires de paix, Abdul Salam Rahimi, que des négociations entre le gouvernement et le groupe insurgé se tiendraient dans deux semaines «dans un pays européen».

Des sources diplomatiques ont indiqué à l’AFP que les pourparlers devraient débuter le 7 août à Oslo.

«C’est notre devoir de saisir toutes les occasions de paix […] une paix acceptable pour tous», a scandé Abdullah Abdullah, le principal challenger de M. Ghani, qui a également organisé dimanche son premier rassemblement de campagne.

Actuel chef de l’exécutif, M. Abdullah avait signé un accord de partage du pouvoir mis sur pied sous l’égide des États-Unis à l’issue de l’élection de 2014 entachée de graves soupçons de fraude.

«C’est notre devoir de saisir toutes les occasions de paix […] une paix acceptable pour tous», a déclaré Abdullah Abdullah, (AFP/JOEL SAGET)

Dans son discours, M. Ghani a fait le voeu de la tenue d’élections « propres ».

Les affiches électorales des 17 candidats ont commencé à fleurir dans la capitale où la sécurité a été élevée par crainte d’attentats des talibans ou de la branche afghane du groupe État islamique (EI).

«Nous avons besoin de paix plutôt que d’élections. Aucun candidat ne peut apporter la paix en Afghanistan, ils ne font que lancer des slogans», a déclaré à l’AFP Sayed Jan, un électeur de 27 ans.

Cette élection, dont le calendrier a été modifié déjà à deux reprises, survient alors que les efforts diplomatiques se sont intensifiés depuis une année, avec notamment des pourparlers directs entre États-Unis et talibans qui ont reconnu ne pouvoir prendre la mesure de l’adversaire sur le terrain militaire.

L’émissaire américain pour la paix Zalmay Khalilzad, actuellement à Kaboul, doit se rendre à Doha la semaine prochaine pour ce qui serait le huitième round de négociations directes visant à mettre fin aux 18 années d’intervention militaire des États-Unis en Afghanistan.

Il a souligné samedi que des négociations « intra-afghanes » n’auraient lieu qu’à l’issue d’un accord entre États-Unis et talibans.

Le porte-parole taliban Suhail Shaheen a tweeté dimanche que « les pourparlers intra-afghans pourront commencer après l’annonce d’un calendrier de retrait des forces étrangères ».

Ce calendrier de retrait, revendication principale des talibans, s’établirait en échange de l’assurance que l’Afghanistan ne servira pas de sanctuaire à des groupes terroristes.

Attaque contre un colistier du président afghan : au moins deux morts

Des ambulances transportent des blessés à l’hôpital, après l’attaque contre les bureaux d’un colistier du président afghan Ashraf Ghani le 28 juillet 2019 à Kaboul. (AFP)

Une attaque contre les bureaux d’un colistier du président afghan Ashraf Ghani à Kaboul dimanche, le jour de l’ouverture de la campagne électorale pour la présidentielle de septembre a fait au moins deux morts, ont annoncé les autorités.

Une voiture piégée a explosé puis des hommes armés ont fait irruption dans les bureaux de l’Afghanistan green trend (AGT), un mouvement politique fondé par Amrullah Saleh, présent sur la liste d’Ashraf Ghani, candidat à sa réélection.

Cette attaque a pris fin peu après 23H00 (18H30 GMT), soit près de six heures après la première déflagration, a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur Nasrat Rahimi.

« Tous les assaillants ont été tués », a-t-il dit, sans pouvoir toutefois être en mesure de fournir un bilan définitif.

Selon le porte-parole du ministère de la Santé, Wahidullah Mayar, deux personnes, un homme et une femme, ont été tuées, et 25 autres blessées.

« C’est une attaque directe contre les bureaux de l’AGT. J’ai entendu trois explosions et ensuite des coups de feu », a raconté au début de l’attaque un témoin, Ejaz Malikzada, joint par l’AFP.

Sur des images diffusées via les réseaux sociaux, on pouvait voir une large colonne de fumée noire s’élevant au-dessus de la capitale. Sur une vidéo prise près de la scène, on voyait des personnes fuyant les abords du lieu de l’explosion, plongé dans une épaisse poussière.

Présent dans les bureaux, M. Saleh, qui figure sur le trio formant la liste électorale du président-candidat Ghani en position de premier vice-président, a été évacué par son service de sécurité.

Sur son compte Twitter, l’AGT a rapidement fait savoir que M. Saleh, ex-ministre de l’Intérieur et ancien chef de la Direction nationale de la sécurité, allait « bien ». Des photos l’ont d’abord montré portant un bandage ensanglanté au bras droit. Puis, plus tard, sans aucun bandage.

« Mon frère, vrai fils du sol afghan et premier vice-président de mon équipe électorale, @AmrullahSaleh2, a survécu à une attaque complexe des ennemis de l’Etat. Nous sommes soulagés et remercions le Tout-Puissant que cette attaque ait échoué », a tweeté le président Ghani.

Selon M. Rahimi, 85 personnes retranchées dans des chambres sécurisées ont été évacuées par les forces de sécurité qui ont tué au moins quatre assaillants.

Aucun des groupes insurgés, talibans ou branche afghane du groupe Etat islamique (EI), n’a pour l’heure revendiqué l’attaque.

Les services de la Direction nationale de sécurité ont par ailleurs annoncé sur leur compte Twitter avoir arrêté dimanche « sept terroristes qui préparaient une nouvelle attaque à Kaboul ».