Malgré les terres expropriées à Trenton, au Canada les Forces spéciales devraient rester près d’Ottawa

Membres de la force opérationnelle interarmées no 2 des unités d'opérations spéciales du Canada en cours de formation. (MDN).
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Le projet de déplacer l’unité antiterroriste des forces spéciales canadiennes à Trenton, à plus de 240 km d’Ottawa, est en train d’être réexaminé, non seulement en raison des coûts excessifs, mais aussi en raison des menaces d’attaques terroristes de «loups solitaires» beaucoup plus susceptibles de frapper des cibles symboliques, telle la capitale nationale.

Aucune décision n’a encore été prise quant à l’éventuelle réinstallation du centre de formation des forces spéciales, actuellement à Dwyer Hill (DHTC), à moins de 30 minutes du centre-ville d’Ottawa, a indiqué la Défense nationale dans un courriel envoyé à 45eNord.ca, mais il est de moins en moins probable, malgré les terres acquises au début des années 2000 à Trenton à cette fin, que les forces spéciales s’y installent.

Quand, au début des années 2000, le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes s’est mis à la recherche d’un nouvel emplacement pour accommoder les besoins grandissants des forces spéciales– leurs installations actuelles, à Dwyer Hill, en Ontario, étant devenues trop petites, le choix s’était arrêté sur Trenton.

En 2006, les Forces armées canadiennes avaient décidé de transférer le centre de formation de la FOI 2 à la 8e Escadre Trenton en considérant le contexte opérationnel de l’époque, la proximité de la base aérienne de Trenton permettant des déploiements rapides, tant au pays qu’à l’étranger.

Mais la menace a changé

Cependant, poursuit la Défense nationale, la sécurité mondiale a considérablement évolué au cours de la dernière décennie et «notre état de préparation et notre attitude doivent évoluer pour faire face à ces menaces changeantes».

Un exemple de menace émergente contre les pays occidentaux, soulignent les responsables canadiens, est celui des attaques terroristes de «loups solitaires» contre des cibles d’une grande importance symbolique, telles que celles que nous avons vues à Berlin, Londres, Paris et Ottawa.

Nombre d’alliés ont réagi à ce changement dans le contexte de sécurité en relocalisant leurs unités des forces spéciales de haut niveau à proximité et dans le temps de réaction rapide de leurs capitales nationales, font valoir les responsables de la Défense, affirmant que raisons de ce changement se sont révélées de plus en plus convaincantes.

Par conséquent, l’option de maintenir la FOI 2 dans la région de la capitale nationale est de plus en plus probable, d’autant plus que le déplacement du centre de formation entraînerait des coûts d’infrastructure.

Le projet de déplacer l’unité antiterroriste des forces spéciales canadiennes à Trenton, à plus de 240 km d’Ottawa, soit près de trois heures de route de la capitale,est en train d’être réexaminé en raison, notamment des menaces d’attaques terroristes de «loups solitaires» beaucoup plus susceptibles de frapper des cibles symboliques, telle la capitale nationale. L’option de maintenir le centre à Dwyer Hill paraît maintenant de plus en plus probable.

Qu’adviendrait-il des terres acquises à Trenton pour le centre de formation ?

Dès 2007, le gouvernement du Canada a commencé à approcher les résidents des zones bordant la partie nord de la 8e Escadre, la RCAF Road à l’ouest, la Whites Road à l’est et la voie ferrée au nord. Au total, douze propriétaires ont été touchés.

Au mois de mai 2010, le conseil municipal de Quinte West a adopté à l’unanimité une résolution appuyant l’acquisition de tous les terrains nécessaires pour réaliser le déménagement de l’unité de la FOI 2 à la ville de Quinte West, et ce, au moyen de toutes les mesures nécessaires, y compris, au besoin, l’expropriation. Peu de temps après, le conseil municipal de Belleville a adopté une motion semblable.

En mai 2012, tous les propriétaires terriens sauf deux avaient accepté de vendre leur propriété au gouvernement du Canada. Les deux derniers propriétaires ont été expropriés en mai 2012 et, subséquemment, ils ont signé un accord de règlement confidentiel.

La décision prise en 2012 d’exproprier la ferme de 90 hectares de Frank Meyers pour la nouvelle installation de la FOI 2 avait fait scandale à l’époque. La ferme appartenait à la famille Meyers depuis plus de 200 ans et Frank Meyers soutenait que les Forces canadiennes possédaient déjà de vastes étendues de terre et auraient pu plutôt construire la base sur des propriétés qu’elles possèdent déjà à Mountain View, à une vingtaine de minutes de Trenton.

Qu’adviendrait-il aujourd’hui des terres acquises à Trenton pour le centre de formation si, finalement, le centre restait à Dwyer Hill ? Il semble qu’il soit trop tôt pour répondre à cette question: bien que certains disent que les terres acquises pourraient tout de même être utilisées comme lieu d’entraînement ou comme emplacement d’un bâtiment pour stocker des munitions, «Les options étant en cours d’élaboration, il est trop tôt pour spéculer sur d’autres utilisations possibles des terres acquises à Trenton.», a répondu le ministère à 45eNord.ca.