Le Canada lance son appel à propositions pour l’acquisition de nouveaux avions de chasse

Décollage d’un CF-188 Hornet sur la base aérienne Mihail Kogalniceanu en Roumanie lors de l’Opération RÉASSURANCE le 4 septembre 2018. Le nom du pilote sur l'avion à été enlevé pour sécurité. (Cpl Dominic Duchesne-Beaulieu)
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Le gouvernement du Canada a franchi une étape importante aujourd’hui dans l’acquisition des futurs avions de chasse pour remplacer la flotte de CF-18, avec la publication de la demande de propositions officielle.

À la suite d’une vaste mobilisation de l’industrie et des fournisseurs admissibles au cours des 18 derniers mois, la demande de propositions officielle a été remise aux fournisseurs admissibles.

Dans le cadre de sa Politique de défense «Protection, Sécurité, Engagement», le gouvernement doit remplacer sa flotte vieillissante d’avions de chasse CF-18 Hornet en faisant l’acquisition de 88 chasseurs évolués pour fournir la capacité dont les Forces armées canadiennes ont besoin et pour assurer la sûreté et la sécurité des Canadiennes et des Canadiens et respecter ses obligations internationales.

Il s’agit du plus important investissement dans l’Aviation royale canadienne en plus de 30 ans.

Cet investissement doit aussi servir à appuyer la croissance de la main-d’œuvre hautement spécialisée du Canada dans les industries de l’aérospatiale et de la défense pour les décennies à venir, d’un océan à l’autre.

Les fournisseurs ont jusqu’au printemps 2020 pour présenter leurs propositions initiales au Canada. Après le retrait en 2018 de Dassault Aviation et de son Rafale, il en reste désormais quatre :

  • Suède—SAAB AB (publ) — Aeronautics
  • Royaume-Uni et Irlande du Nord — Airbus Defense and Space GmbH (avec MBDA UK Limited, L3 Technologies MAS et CAE Canada)
  • États-Unis—Lockheed Martin Corporation (Lockheed Martin Aeronautics Company) (avec Pratt and Whitney)
  • États-Unis—The Boeing Company (avec Peraton Canada Corp., CAE Inc., L3 Technologies MAS Inc., GE Canada et Raytheon Canada Limited Services and Support Division)

Le Canada offrira à tous les soumissionnaires deux occasions de démontrer qu’ils peuvent présenter un plan pour répondre aux exigences du Canada en matière de sécurité et d’interopérabilité. L’offre de sécurité doit être soumise à l’automne 2019 et, à la suite des commentaires du Canada, les soumissionnaires pourront modifier et soumettre à nouveau cette offre dans le cadre de la proposition initiale au printemps 2020.

Les soumissionnaires auront également l’occasion de combler les lacunes de leurs propositions en ce qui concerne les critères obligatoires. Plutôt que d’être rejetés d’emblée parce qu’ils ne satisfont pas aux exigences obligatoires, les soumissionnaires recevront une rétroaction du Canada afin qu’ils puissent corriger les aspects non conformes. Cette approche a déjà été utilisée dans le cadre d’autres grands approvisionnements fédéraux et s’est avérée efficace pour maintenir un niveau élevé de concurrence.

Tous les soumissionnaires seront assujettis aux mêmes critères d’évaluation, et les propositions seront évaluées rigoureusement en fonction des exigences de mérite technique (60 %), des coûts (20 %) et des retombées économiques (20 %). Dans le cadre de cet approvisionnement, on attribue l’une des pondérations les plus élevées aux retombées économiques pour le Canada dans l’histoire du pays. Tous les fournisseurs seront tenus de présenter un plan sur des retombées économiques correspondant à la valeur du contrat proposé; les points maximums étant accordés uniquement aux fournisseurs proposant des garanties contractuelles.

Ce processus concurrentiel ouvert et transparent est observé par un surveillant de l’équité indépendant afin d’assurer des règles du jeu équitables pour tous les soumissionnaires éventuels. Le rapport provisoire du surveillant de l’équité sur le processus de qualification et de mobilisation des fournisseurs a révélé que les activités étaient menées de façon équitable.

L’évaluation des propositions, y compris des propositions révisées, devrait permettre de sélectionner un soumissionnaire au début de 2022. La livraison du premier aéronef est prévue dès 2025.

«Aujourd’hui, on franchit une étape importante dans le cadre du processus qui fournira aux femmes et aux hommes de l’Aviation royale canadienne les aéronefs dont ils ont besoin pour assurer la sûreté et la sécurité des Canadiens, au juste prix et dans le plus grand intérêt économique du Canada», a déclaré Carla Qualtrough, Ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité.

Pour sa part, le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan a rappelé qu’«il est essentiel que nous obtenions le bon équipement qui servira nos femmes et nos hommes en uniforme pour les décennies à venir», estimant que «grâce à cet investissement, l’Aviation royale canadienne aura le nécessaire pour protéger la population canadienne».

Depuis le lancement de ce processus en décembre 2017, le gouvernement du Canada a consulté de façon soutenue les industries canadiennes de l’aérospatiale et de la défense afin que celles-ci soient bien positionnées pour participer à ce processus d’approvisionnement.

La transition vers une nouvelle flotte de chasseurs exigera le maintien en activité des CF-18 actuels jusqu’à ce que la nouvelle flotte atteigne sa pleine capacité opérationnelle.

L’intégration de chasseurs australiens additionnels aide à garantir que les Forces armées canadiennes ont l’équipement nécessaire pour continuer de remplir leurs missions et obligations internationales.