Contrat d’entretien des frégates d’un demi milliard $ pour la Davie

Le chantier maritime Davie à Lévis, sur la Rive-sud de Qiébec, a déjà été le plus important chantier naval du pays (Archives/Pierre-Olivier Fortin/WikiCommons)
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Le gouvernement fédéral a annoncé aujourd’hui l’attribution d’un contrat de 500 millions $ au chantier maritime Davie pour l’entretien du premier groupe des frégates de classe Halifax. Les travaux, qui devraient s’amorcer en 2020, s’échelonneront sur cinq ans et créeront 400 emplois.

Le gouvernement investit plus de 7,5 milliards de dollars dans les 12 frégates de classe Halifax de la Marine royale canadienne afin d’assurer l’entretien continu nécessaire jusqu’à la fin de leur service au début des années 2040.

Les contrats initiaux d’une durée de cinq ans garantissent un minimum de 3 frégates pour chaque chantier naval (les travaux doivent commencer au début des années 2020). La valeur des contrats devrait augmenter à mesure que de nouveaux lots de travaux seront ajoutés.

Aujourd’hui, le gouvernement du Canada a attribué des contrats d’une valeur totale de 1 milliard de dollars à Chantier Davie Canada Inc. et à Seaspan Victoria Shipyards Limited pour la réalisation des travaux d’entretien sur le premier groupe de frégates de classe Halifax du Canada.

Le gouvernement est à finaliser un contrat similaire avec Irving Shipbuilding Inc.

Sur les 1 milliard $ (taxes en sus) annoncés aujourd’hui, Chantier Davie Canada Inc. et Seaspan Victoria Shipyards Limited recevront chacun un contrat de 500 millions $.

Les valeurs de ces contrats initiaux sont liées aux calendriers de l’entretien des différents navires, au coût des salaires de la main-d’œuvre des chantiers navals et à l’état anticipé ainsi qu’aux travaux qui devront être réalisés sur les différents navires.

Comme il ne s’agit que d’un contrat initial. Chantier Davie, sur la Rive-Sud de Québec, pourra également recevoir au minimum 2 milliards $ en contrats d’entretien, jusqu’à ce que les trois frégates arrivent à leur fin de vie, soit dans les années 2040.

«On est dans un timing particulier, mais je peux vous dire que ça fait des mois qu’on travaille là-dessus», a assuré en entrevue téléphonique Frédérik Boisvert, vice-président aux affaires publiques de l’entreprise, cité par le quotidien La Presse ce matin.

«Je peux dire que ça confirme la renaissance du chantier Davie. Ce contrat très structurant nous donne les moyens de nos ambitions», d’ajouter le porte-parole de la Davie.

Le ministre fédéral Jean-Yves Duclos, député de Québec, qui annonçait l’octroi du contrat aujourd’hui a semblé ouvrir toute grande la porte à l’intégration de Chantier Davie à l’actuelle Stratégie nationale de construction navale canadienne en déclarant: « C’est une erreur (d’avoir exclu Chantier Davie) qu’il est important d’admettre en 2019. Quand on admet une erreur, on peut plus facilement la corriger».

Chantier Davie avait été exclu de la Stratégie nationale à l’époque parce qu’il était au bord de la faillite, mais depuis, il a redressé la situation et, avec l’appui de toute la classe politique québécoise et des syndicats, se bat pour avoir sa part.

Davie de nouveau un partenaire majeur

Fin 2018, Services publics et Approvisionnement Canada avait émis, au nom du ministère de la Défense nationale, des préavis d’adjudication de contrats indiquant son intention de confier la prestation de services de soutien à la maintenance des 12 frégates de la classe Halifax du Canada à Irving Shipyards Inc., d’Halifax (Nouvelle Écosse), à Chantier Davie Canada Inc., de Lévis (Québec), et à Seaspan Victoria Shipyards, de Victoria (Colombie Britannique), les 3 contrats totalisant une valeur d’environ 7 milliards de $ (taxes comprises).

Finalement, malgré toutes les tentatives d’Irving Shipyards et la campagne «The ships stay here» des travailleurs d’Halifax de garder tout le travail pour eux, Chantier Davie de Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, aura donc sa part des 7 milliards $ de contrats de maintenance d’Ottawa.

Dans les prochaines semaines, Ottawa devrait confirmer également que le chantier de Lévis, qui a toujours contesté son exclusion de ce programme, dont font partie ses deux rivaux Irving, d’Halifax, et Seaspan, de Vancouver depuis 2011, deviendra le troisième acteur de la Stratégie nationale de construction navale.

Quand, le 22 mai dernier, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale le renouvellement de la flotte de la Garde côtière canadienne et la construction de 18 nouveaux grands navires par Seaspan’s Vancouver Shipyards et Irving Shipbuilding d’Halifax, la Davie, qui n’avait eu aucun contrat majeur depuis l’Astérix, inauguré en juillet 2017, était encore «passé sous la table», mais, avec l’annonce d’aujourd’hui, pointe à l’horizon un véritable retour en force du chantier de la Rive-Sud de Québec qui fut, jadis, le plus grand chantier naval canadien.

Les frégates de classe Halifax

Le NCSM Fredericton, la première frégate de classe Halifax modernisée au début de 2015. (Archives/MDN)

Mises en service dans les années 1990, les frégates de classe Halifax construites au Canada ont été modernisées récemment pour qu’elles demeurent efficaces et utiles du point de vue opérationnel jusqu’à la mise en service des navires de combat canadiens.

Ces frégates surveillent et contrôlent les eaux canadiennes, défendent la souveraineté du Canada, facilitent les activités de recherche et de sauvetage à grande échelle et fournissent une aide d’urgence en cas de besoin. Les frégates opèrent aux côtés des Nations Unies, de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et de coalitions d’États alliés et sont intégrées à elles pour appuyer des opérations internationales de maintien de la paix et de la sécurité.

Les navires de combat canadiens remplaceront les frégates de classe Halifax et les contre-torpilleurs de classe Iroquois retirés du service. Avec eux, la Marine royale canadienne disposera de navires modernes et performants pour surveiller et défendre les eaux canadiennes, continuer à contribuer aux opérations navales internationales pendant des décennies et déployer rapidement des forces navales crédibles dans le monde entier, dans un bref délai. La construction des navires de combat canadiens doit commencer au début des années 2020.