Florence Parly dévoile les détails de la création du commandement pour l’espace français [PHOTOS/VIDÉO]

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C’est au sein même du Massif du Mont d’or, dans l’enceinte de la base aérienne 942 Lyon-Mont Verdun, que la ministre des Armées Florence Parly, a dévoilé ce 25 juillet les détails de la création du futur «commandement pour l’espace».

Le 13 juillet dernier, le Président de la République Emmanuel Macron a souhaité apporter une «inflexion majeure à notre stratégie spatiale de défense».

Lors d’un discours aux armées, la veille du défilé du 14 juillet, il a en effet annoncé que la France renforcerait ses capacités de surveillance de l’espace, y compris en protégeant nos satellites de manière «active».

Quelques jours plus tard, la ministre des Armées Florence Parly évoquait qu’il s’agit là d’une «réponse déterminée de la France face aux acteurs spatiaux inamicaux».

La Loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit pas moins de 3,6 milliards d’euros pour le domaine spatial de la Défense.

Lors d’un discours devant les aviateurs de la base aérienne 942, Mme Parly a indiqué que la nouvelle stratégie spatiale vise à renforcer «notre autonomie stratégique» dans le domaine spatiale, et que cela passe par trois axes: le renforcement des capacités militaires actuelles de veille stratégique et d’appui aux opérations, l’extension des capacités de connaissance de la situation spatiale, et le développement d’une capacité spatiale de défense.

Un nouveau commandement de l’espace sera crée le 1er septembre

Il succédera au Commandement interarmées de l’espace (CIE) et sera placé sous l’autorité de l’armée de l’Air et de l’espace.

Doté d’une équipe de 220 personnes, qui montera en puissance sur la durée de la Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025, le commandement de l’espace sera chargé de rédiger une doctrine des opérations dans l’espace et de mettre en oeuvre les capacités spatiales de défense.

Depuis Toulouse, il aura également pour rôle de fédérer et coordonner tous les moyens consacrés au domaine spatial de défense. C’est également la-bas, que sera basé le centre opérationnel du commandement de l’espace. Cette localisation devra permettre de «développer les synergies: avec acteurs privés et le CNES». 

Ce nouveau commandement au sein de l’Armée de l’Air doit réunir les membres du personnel du Cosmos (centre opérationnel de surveillance militaire des objets spatiaux), du commandement interarmées de l’espace et du centre militaire d’observation par satellites.

«L’avenir assez naturel pour l’unité, c’est de rejoindre ce commandement et de se mettre en ordre de bataille pour répondre à ses nouvelles directives, à s’inscrire dans un nouvel écosystème qui sera plus spatio-centré, alors que jusqu’ici nous étions intégré dans la défense aérienne et les opérations aériennes et donc nous étudiions l’espace pour ce qu’il peut apporter au profit des autres opérations. Désormais, il faudra qu’on prenne aussi en compte les opérations spatiales militaires telles qu’elles pourront éventuellement se développer», a d’ailleurs déclaré en interview pour 45eNord.fr le lieutenant-colonel Thierry Cattanéo, commandant du Cosmos.

À terme, le centre conduira l’ensemble des opérations spatiales sous les ordres du chef d’état-major des armées et en lien avec le Centre de planification et de conduite des opérations. 

C’est également à Toulouse, qu’un campus spatial sera constitué autour du centre des opérations, un Space Lab – laboratoire innovant du spatial de défense en collaboration avec la DGA et le CNES. Sera également créée en France une Académie de l’espace pour «fédérer toutes les formations du ministère et susciter les vocations et favoriser les carrières spatiales».

Évolution du cadre juridique

A l’heure où l’espace devient un enjeu de sécurité nationale, la loi doit évoluer et intégrer la spécificité des opérations spatiales militaires.

Ainsi, un avant projet de loi destiné à modifier le cadre juridique posé par la loi du 3 juin 2008 relative aux opérations spatiales sera proposé d’ici la fin d’année 2019, guidé par deux principes: libérer nos armées et protéger nos capacités.

Pour cela, le ministère des Armées assumera la fonction d’opérateur spatial, afin d’avoir une autonomie d’action pour protéger pleinement nos intérêts de défense et ceux de la nation.

Des capacités renouvelées

Si la ministre a rappelé que «nous ne sommes en aucun cas engagés dans une course aux armements», l’espace est, cependant, un nouveau front à défendre.

C’est à ce titre, que les capacités de défense spatiales de la France doivent être perfectionnées et renouvelées.

Florence Parly a annoncé le lancement d’un nouveau programme d’armement nommé «Maîtrise de l’Espace» qui intégrera deux volets: la surveillance et la défense active.

Elle souhaite également la mise en place dès 2023 de «nano-satellites patrouilleurs», de redoutables «petits détecteurs qui seront les yeux de nos satellites les plus précieux».

En cas d’acte hostile, «si nos satellites sont menacés, nous envisagerons d’éblouir ceux de nos adversaires. Nous nous réservons le moment et les moyens de la riposte: cela pourra impliquer l’emploi de lasers de puissance déployés depuis nos satellites ou depuis nos nano-satellites patrouilleurs. Car oui, nous développerons des lasers de puissance […]pour tenir à distance et le cas échéant éblouir ceux qui auraient la tentation de s’approcher de trop près.»

Sur la durée de cette LPM, cet effort va représenter 700 millions d’euros supplémentaires, en complément des 3,6 milliards d’euros déjà prévus pour le renouvellement complet des capacités satellitaires.