Mystère autour de l’incendie dans un sous-marin russe

Photo d'un sous-marin non identifié à Severomorsk, port de l'Arctique russe, le 2 juillet 2019. (AFP)
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L’incendie qui a coûté la vie à 14 sous-mariniers russes en mer de Barents reste entouré de mystère, et le Kremlin a averti mercredi que les détails de la catastrophe ne seraient pas révélés au nom du « secret d’Etat ».

Cet accident a ravivé en Russie le souvenir de la tragédie du Koursk, qui avait coulé en août 2000 avec 118 hommes à bord et profondément traumatisé le pays. Ce drame avait jeté une ombre sur le premier mandat de Vladimir Poutine, dont la gestion avait été critiquée.

Le déroulement des faits

En milieu d’après-midi, mardi, le ministère russe de la Défense a annoncé que 14 sous-mariniers étaient décédés lundi après avoir inhalé des fumées toxiques au cours d’un incendie finalement maîtrisé.

Selon l’armée, l’accident a eu lieu dans les eaux territoriales russes. Les autorités ont décrit l’appareil comme un sous-marin de recherche, destiné à l’étude des environnements marins et du fond des océans.

Moscou précise que le sous-marin est retourné à son port d’attache, la ville fermée de Severomorsk, dans la région de Mourmansk (nord). « Les informations ne peuvent pas être rendues publiques. C’est complètement normal », a assuré mercredi le porte-parole du Kremlin, évoquant le « secret d’Etat ».

Présidant une réunion à Severomorsk, le ministre de la Défense Sergueï Choïgou a confirmé mercredi qu’il y avait des survivants parmi l’équipage, notamment un civil « représentant de l’industrie » évacué en premier dans une partie hermétiquement isolée.

De quel sous-marin s’agit-il ?

L’armée a décrit l’appareil comme un engin de recherche scientifique capable d’opérer en eaux profondes, Vladimir Poutine le qualifiant d' »inhabituel ».

Selon des sources citées par les journaux russes RBK et Novaïa Gazeta, le submersible en question est le sous-marin nucléaire AS-12, surnommé « Locharik », un engin secret conçu pour la recherche et les opérations spéciales jusqu’à 6.000 mètres de profondeur.

Le « Locharik » peut accueillir 25 marins à son bord et est conçu de façon à pouvoir s’accrocher à un sous-marin plus imposant capable de le transporter jusqu’à sa zone d’opération.

Selon le journal en ligne russe Open Media et le quotidien Vedomosti, le feu n’aurait d’ailleurs pas pris sur le Locharik mais sur un sous-marin nucléaire modifié pour le transporter. Citant des sources militaires russes, Open Media évoque deux sous-marins potentiellement concernés: l’Orenbourg et le Podmoskovié.

Ces sous-marins sont rattachés à la Direction de la plongée Profonde (GUGI) du ministère de la Défense, une division spéciale de la Marine russe. Les sous-marins comme le Locharik peuvent effectuer divers types de mission, de l’étude des fonds marins à des opérations sur des câbles sous-marins.

Qui sont les marins tués ?

En présentant ses condoléances aux proches des sous-mariniers, Vladimir Poutine a précisé mardi soir que deux « Héros de la Russie » et sept « capitaines de premier rang », le grade le plus élevé chez les officiers naviguants russes, comptaient parmi les morts.

« C’était un équipage hautement qualifié », a ajouté le président russe.

Le niveau de l’équipage semble confirmer le caractère stratégique de la mission du sous-marin.

Sur son site internet, la cathédrale de Mourmansk a annoncé la tenue d’une cérémonie funèbre en la mémoire des disparus, ne les identifiant que par leur prénom.Sur les réseaux sociaux le gouverneur de Saint-Pétersbourg Alexandre Beglov a pour sa part assuré que les sous-mariniers « étaient en poste sur une de nos bases ». Ils seront enterrés à Cronstadt, a assuré à RBK le représentant de la cathédrale de cette île sur le golfe de Finlande, qui compte une importante base navale.

Selon le journal Kommersant, les sous-mariniers étaient en poste sur la base navale 45707 à Petergof, près de Saint-Pétersbourg. Une base navale rattachée, selon le quotidien, à la Direction de la plongée profonde du ministère de la Défense.