Pétrolier iranien arraisonné à Gibraltar: Téhéran promet une réponse

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Un navire de la Marine britannique (G) patrouille près du pétrolier iranien Grace 1 dans les eaux de Gibraltar le 4 juillet 2019. (AFP)
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L’arraisonnement par les autorités britanniques d’un navire-citerne iranien au large de Gibraltar ne «restera pas sans réponse», a affirmé lundi le ministre iranien de la Défense Amir Hatami.

«Nous ne tolèrerons pas» l’arraisonnement du pétrolier Grace 1 survenu jeudi au large du territoire britannique de Gibraltar, à l’extrême sud de l’Espagne, a déclaré le ministre, cité par l’agence de presse semi-officielle ISNA ainsi que l’agence de presse Tasnim.

Cette opération «ne restera pas sans réponse», a-t-il assuré.

Elle «est contraire à la réglementation internationale et une sorte de piraterie maritime», a-t-il ajouté, faisant écho à des déclarations similaires d’autres hauts responsables iraniens.

L’arraisonnement du pétrolier «crée un dangereux précédent et doit cesser maintenant», a pour sa part affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

S’interrogeant sur la légalité de l’arraisonnement, il a rappelé que «l’Iran n’est ni un membre de l’UE ni fait l’objet d’un quelconque embargo pétrolier européen».

L’Europe est censée être «contre l’extraterritorialité», contrairement aux États-Unis, a-t-il écrit.

«L’arraisonnement illégal par la Grande-Bretagne d’un navire-citerne avec du pétrole iranien pour le compte de « l’équipe B » est de la piraterie pure et simple», a-t-il encore dit, utilisant une expression qui fait notamment allusion au conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton.

Ancien premier ministre suédois et ancien ministre des Affaires étrangères, Carl Bildt a dit être «intrigué» par «la légalité de l’arraisonnement par la Grande-Bretagne d’un tanker se dirigeant vers la Syrie avec du pétrole iranien».

«On se réfère aux sanctions européennes contre la Syrie, mais l’Iran n’est pas un membre de l’UE. Et l’UE par principe n’impose pas ses sanctions sur les autres. Ça, c’est ce que font les États-Unis», a assuré sur Twitter M. Bildt, désormais co-président du think tank Conseil européen pour les relations internationales (ECFR).

«PRÉCISÉMENT», a répondu M. Zarif, toujours sur Twitter.

Le navire iranien est soupçonné d’avoir voulu livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions européennes. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a cependant affirmé dimanche que la destination du navire-citerne n’était pas la Syrie, pays en guerre depuis plus de huit ans.

Téhéran a exigé la libération «immédiate» du navire, mais la justice britannique a autorisé son immobilisation jusqu’au 19 juillet.

Depuis 2011, la Syrie, où le régime de Bachar al-Assad a le soutien crucial de l’Iran dans le conflit, est la cible de sanctions internationales qui touchent notamment son secteur pétrolier.