Syrie: plus de 100 combattants tués dans des affrontements entre jihadistes et forces du régime

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Des Syriens inspectent les dégâts après des raids du régime sur la ville de Mouhambal, dans le nord de la province d'Idleb dans le nord-ouest de la Syrie, le 6 juillet 2019. (AFP)
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Plus de 100 combattants ont été tués depuis mercredi soir dans des affrontements féroces entre les troupes du régime et des forces dominées par des jihadistes dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté jeudi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Huit civils ont en outre péri en raison des combats dans cette région, selon la même source. 

Six d’entre eux, dont un enfant, ont été tués dans des raids de l’armée syrienne contre la ville de Jisr al-Choughour, dans la province d’Idleb tandis qu’un a trouvé la mort dans des frappes effectuées par la Russie, alliée de Bachar al-Assad dans le conflit, contre le village de Latamneh, dans la province voisine de Hama. 

La huitième victime civile est une femme touchée par des tirs de groupes rebelles contre la localité de Karnaz, tenue par le régime, selon l’OSDH.

Les combats se poursuivent depuis mercredi soir aux abords de la région d’Idleb, dirigée par les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), dominé par l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, notamment dans le nord de la province de Hama.

Depuis fin avril, le régime syrien et son allié russe ont intensifié leurs frappes sur la province d’Idleb et ses environs. La région abrite trois millions de civils. Outre HTS, d’autres factions jihadistes et rebelles sont présentes.

Tard mercredi soir, les forces dominées par HTS se sont emparées du village et de la colline de Hamameyat. Depuis, « les combats se poursuivent et les forces du régime mènent une contre-attaque pour reprendre le village, en sus de bombardements aériens et à l’artillerie lourde » sur la zone reconquise par les HTS et les rebelles, a indiqué le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane.

Le porte-parole de HTS, Abou Khaled al-Chami, a affirmé que les combattants jihadistes et rebelles avaient lancé une attaque après la tombée de la nuit, prenant aux forces du régime de Bachar al-Assad le contrôle de la colline « lourdement fortifiée ».

Naji Moustafa, porte-parole du Front de libération nationale, allié des jihadistes, a pour sa part indiqué que cette colline était « stratégique du fait qu’elle surplombe (…) les voies de ravitaillement des forces ennemies ».

La région d’Idleb, qui échappe toujours au contrôle de Damas, fait l’objet de l’escalade la plus violente depuis un accord conclu en septembre 2018 entre la Russie et la Turquie, parrain des rebelles, visant à éviter une offensive d’envergure. 

Les bombardements russes et syriens ont tué 560 civils depuis fin avril, selon l’OSDH, et poussé à la fuite quelque 330.000 personnes, d’après l’ONU. Quant aux tirs rebelles et jihadistes, ils ont tué plus de 40 civils dans les zones tenues par le régime, d’après la même source. 

Jeudi dans la province de Hama, des raids russes ont encore tué un civil dans le village de Latamneh, tandis qu’une femme est morte des suites des tirs rebelles contre la localité de Karnaz, selon l’OSDH.  

La Syrie est déchirée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 370.000 morts.