Syrie: plus de 400.000 déplacés en trois mois d’escalade dans le nord-ouest, selon l’ONU

Des enfants dans un camp de déplacés syriens, dans le nord de la région d'Idleb, le 27 juin 2019. (AFP)
Temps de lecture estimé : 2 minutes

Plus de 400.000 personnes ont été déplacées en près de trois mois de violences dans le nord-ouest de la Syrie, où la province d’Idleb et ses environs dominés par les jihadistes sont la cible de bombardements du régime et de son allié russe, a annoncé vendredi l’ONU.

La province d’Idleb qui échappe au pouvoir de Bachar al-Assad est contrôlée en grande partie par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda). D’autres factions rebelles et jihadistes y sont présentes.

Soutenu par l’aviation russe, le régime syrien pilonne quasi-quotidiennement depuis fin avril cette province, ainsi que les zones adjacentes dans les provinces limitrophes d’Alep, de Hama et de Lattaquié.

« Plus de 400.000 personnes ont été déplacées depuis fin avril », a indiqué à l’AFP un porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), David Swanson.

Les déplacés quittent surtout le sud de la province d’Idleb et le nord de la province de Hama, selon un communiqué d’Ocha.

Ils se rendent généralement dans des secteurs relativement épargnés, plus au nord, ralliant parfois des régions proches de la frontière avec la Turquie voisine et qui accueillent des camps de déplacés.

Les réfugiés et déplacés syriens. (AFP)

« Les camps de déplacés sont surpeuplés, et beaucoup de gens sont obligés de s’installer en plein air », ajoute le communiqué d’Ocha. « Environ deux-tiers des déplacés se trouvent à l’extérieur des camps ».

« Dans la seule province d’Idleb, environ 100 écoles accueillent maintenant des déplacés », a déploré l’organisation. « La majorité de ceux qui fuient ont été déplacés à l’intérieur du gouvernorat d’Idleb, tandis qu’un nombre plus réduit s’est rendu dans le nord du gouvernorat d’Alep ».

« Des villes et des villages entiers ont été apparemment vidés de leurs habitants qui ont fui (…) à la recherche de sécurité et des services de base », souligne le communiqué. 

Près de la moitié des trois millions d’habitants d’Idleb et de sa région sont déjà des déplacés qui ont fui par le passé les combats dans d’autres zones de la Syrie en guerre ou ayant refusé de rester dans des localités rebelles reconquises par le régime.

Les violences interviennent malgré un accord conclu en septembre 2018 entre la Russie et la Turquie, marraine de certains groupes rebelles, visant à éviter à Idleb une offensive d’envergure des forces prorégime.

En près de trois mois, plus de 730 civils, dont plus de 180 enfants, ont été tués dans les bombardements du régime ou son allié russe sur Idleb, selon un dernier bilan de l’OSDH.

Déclenchée en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé plusieurs millions de personnes.