Washington bloque la participation d’Ankara au programme de F-35

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Le F-35, un bijou de technologie, censé échapper aux radars les plus sensibles. (AFP)
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Les États-Unis ont confirmé qu’ils bloqueraient la participation de la Turquie au programme d’avions F-35 en raison de leur décision d’acheter des systèmes de défense anti-aérienne russes S-400.

«Le F-35 ne peut pas coexister avec une plateforme de collecte de renseignements russe qui va être utilisée pour percer ses capacités de pointe», a justifié la Maison-Blanche dans un communiqué.

L’achat des missiles russes, qui ont commencé à être livrés vendredi, aura «un impact négatif sur l’interopérabilité de la Turquie» avec l’OTAN, a poursuivi la porte-parole de la présidence, Stephanie Grisham.

Malgré tout, Washington «continuera à coopérer» avec Ankara, a-t-elle ajouté. «Les États-Unis accordent toujours une grande valeur à la relation stratégique avec la Turquie. En tant qu’alliés dans l’OTAN, cette relation a plusieurs composantes et ne se limite pas au F-35.»

Le Pentagone avait donné jusqu’au 31 juillet à Ankara pour renoncer aux missiles russes, sous peine d’être exclu du programme de fabrication des avions furtifs F-35, auquel la Turquie participe depuis son lancement.  

Les entreprises turques fournissent actuellement 937 pièces détachées du F-35, dont 400 qu’elles sont les seules à produire. Elles ne devraient plus recevoir de contrat de sous-traitance et leur part dans la fabrication du F-35 sera attribuée à des sociétés d’autres pays.  

Par ailleurs, Ankara souhaitait acheter 100 de ces appareils, bijoux de technologie censés échapper aux radars les plus sensibles. Donald Trump avait rappelé mardi que la livraison des premiers éléments de S-400 lui interdisait de les acheter.

Il s’était toutefois montré conciliant envers Ankara, soulignant ses «bonnes relations» avec le président Recep Tayyip Erdogan.

Photo prise et remise le 12 juillet 2019 par le ministère turc de la Défense montrant un avion cargo russe débarquant des éléments du système de missiles antiaérien S-400 sur la base turque de Murted, près d’Ankara. (AFP)

« Emplois »

L’achat des missiles russes s’inscrit dans un réchauffement des relations entre la Russie et la Turquie, qui a pris ses distances avec le camp occidental depuis un coup d’Etat manqué en juillet 2016 contre le président Erdogan.

Washington est soucieux de préserver cet allié clé de l’alliance atlantique mais craint que les opérateurs russes qui formeront les militaires turcs aux S-400 ne percent les secrets technologiques du F-35, un bijou de technologie censé échapper aux radars les plus sensibles.

Le Pentagone avait donc donné jusqu’au 31 juillet à Ankara pour renoncer aux missiles russes, sous peine d’être exclu du programme F-35, auquel la Turquie participe depuis son lancement et dont elle veut acquérir 100 exemplaires. 

Concrètement, cette exclusion devrait entraîner l’expulsion des pilotes turcs s’entraînant actuellement aux Etats-Unis sur le F-35 et l’annulation de la livraison des quatre appareils déjà achetés par la Turquie mais encore sur le sol américain.

De plus, le personnel turc du consortium international qui fabrique le F-35 sera remplacé et les contrats de sous-traitance attribués à des entreprises turques annulés. Celles-ci fournissent actuellement 937 pièces détachées du F-35, dont 400 qu’elles sont les seules à produire.