Afghanistan: l’émissaire américain va reprendre les pourparlers avec les talibans

Zalmay Khalilzad parle au Mayflower Hotel à Washington, le 27 avril 2016. (AFP)
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Le négociateur américain Zalmay Khalilzad devait quitter mardi les Etats-Unis pour se rendre à Doha, où il va reprendre les pourparlers avec les talibans dans l’espoir de conclure un accord permettant le retrait des soldats américains.

Il doit ensuite se rendre à Kaboul pour de nouvelles consultations avec « les dirigeants du gouvernement afghan sur le processus de paix » et pour « encourager » les préparatifs en vue de négociations interafghanes, a déclaré le département d’Etat américain dans un communiqué.

Les Etats-Unis ont entamé depuis un an un dialogue direct inédit avec les talibans, dont la dernière session s’est achevée il y a moins de dix jours au Qatar. Les deux parties avaient salué d' »excellents progrès ».

L’administration de Donald Trump ne cache pas qu’elle espère que ce nouveau cycle de discussions à Doha puisse être le dernier et déboucher sur un accord avec les insurgés.

Un tel accord devrait prévoir un retrait militaire américain plus ou moins complet, avec un calendrier à la clé. Il s’agit de la principale revendication des talibans qui s’engageraient en retour à ce que les territoires qu’ils contrôlent ne puissent plus être utilisés par des organisations « terroristes ». Les talibans accepteraient également, pour la première fois, d’engager des négociations de paix avec le gouvernement de Kaboul, qui pourraient démarrer très rapidement à Oslo.

Un cessez-le-feu entre insurgés et Américains, ou à tout le moins une « réduction de la violence », devraient également figurer dans le texte, qui serait historique 18 ans après l’invasion de l’Afghanistan par les Etats-Unis pour chasser les talibans du pouvoir dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Mais les modalités, l’ampleur et le calendrier du retrait américain, encore inconnus, soulèvent de nombreuses craintes de la part d’une partie de la classe politique et des observateurs à Washington qui redoutent l’empressement de Donald Trump à quitter l’Afghanistan avant l’élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis au risque d’aggraver la guerre civile et de raviver la menace terroriste.

Les grands axes d’un éventuel accord

Il devrait avant tout prévoir un retrait militaire américain plus ou moins complet, avec un calendrier à la clé, pour tenir un engagement du président des Etats-Unis, qui a promis de longue date de mettre un terme aux « guerres sans fin » jugées trop coûteuses.

Il s’agit de la principale revendication des talibans qui s’engageraient en retour à ce que les territoires qu’ils contrôlent ne puissent plus être utilisés par des organisations « terroristes ». Les insurgés accepteraient également, pour la première fois, d’engager des négociations de paix avec le gouvernement de Kaboul, qui pourraient démarrer très rapidement à Oslo.

Une trêve entre talibans et Américains, ou à tout le moins une « réduction de la violence », devraient également figurer dans le texte, mais pas à ce stade un cessez-le-feu général qui dépendra des progrès réalisés par la suite à Oslo.

Mais les modalités, l’ampleur et le calendrier du retrait américain, encore inconnus, soulèvent de nombreuses craintes de la part d’une partie de la classe politique et des observateurs à Washington qui redoutent l’empressement de Donald Trump à quitter l’Afghanistan avant l’élection présidentielle de 2020 aux Etats-Unis, à laquelle il briguera un second mandat, au risque d’aggraver la guerre civile et de raviver la menace terroriste.

« Notre volonté, c’est de créer les conditions sur le terrain pour faire ce qu’a promis le président Trump, c’est-à-dire diminuer » une opération « qui coûte 30, 35 milliards de dollars par an au contribuable ainsi que des vies américaines », a dit mardi le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo sur la chaîne CNBC.

« Si on peut réduire la violence, nous ouvrirons la voie à un retrait non seulement du soutien américain, mais également des forces de l’Otan », a-t-il ajouté, semblant lier clairement le départ des troupes internationales à une vraie accalmie sur le terrain.