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Alors que la brigadier-général Jennie Carignan remet les rênes de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées Est au brigadier-général Gervais Carpentier, 45eNord.ca s’est entretenu avec elle pour faire le point sur son année de commandement.

C’était le 28 juin 2018 lorsque Jennie Carignan a pris la suite d’Hercule Gosselin à la tête de la 2e Division du Canada et la Force opérationnelle interarmées Est.

Déjà à l’époque, il était clair que le temps allait être pas mal occupé pour la générale puisque trois jours plus tard, soit le 1er juillet 2018, la 2e Division était officiellement en haute disponibilité.

De nombreux membres de la 2e Division devaient ainsi se déployer un peu partout sur la planète dans des missions comme au Mali, au Niger, en Irak, au Koweït, en Jordanie, en Lettonie et en Ukraine notamment.

«Oh oui ! On a été très sollicité cette année !», reconnaît d’emblée la générale Carignan. «On a des gens déployés pratiquement en continu depuis juillet dernier, environ 1000 à 1200 personnes. Là on termine justement cette année notre haute disponibilité opérationnelle. Les théâtres très divers et différents les uns des autres et en plus beaucoup de nos chefs étaient déployés, alors des gens très juniors devaient menés les opérations à la maison. Ça été un formidable travail d’équipe durant cette année».

Mais dès la fin novembre, une Opération LENTUS a été lancé pour porter assistance aux habitants des Îles de la Madeleine, coupés du reste du monde.

Puis, ce printemps, plusieurs milliers de militaires réguliers ou réservistes ont aidé des victimes d’inondations en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

«Oui ça était un événement marquant. On a eu deux opérations, aux Îles de la Madeleine et les inondations du printemps. On a été bien sollicité cette année, mais ça été un très beau travail d’équipe. Je suis très fière de mon équipe, des réservistes, des réguliers et des civils. Je suis fière aussi de la belle collaboration que nous avons eu le Ministère de la Sécurité publique; on était en constante communication avec eux et il y a eu une belle coordination de part et d’autre». La générale rappelle qu’«en bout de ligne, c’est pour le bien et la sécurité de tous les Québécois pris dans une situation très difficile».

Désormais, la 2e Division du Canada vient de rentrer depuis le 1er août dans un cycle de soutien. «On est en reconstruction. La phase actuelle consistera pour le général Carpentier à devoir se pencher sur la réintégration de nos gens, tout en gérant notre tâche de soutien».

De plus, la deuxième tranche des tâches de missions attribuées à des unités de réserve a débuté.

«La phase de croissance actuelle pour la réserve va durer encore plusieurs années», prévient Jennie Carignan. «Recruter de nouveaux gens et former des chefs ça prend plusieurs années».

Revenant sur les différents changements et orientations mises en places au cours des dernières années au sein des Forces armées canadiennes, la brigadier-général explique : «Ce qu’on tente de faire, c’est s’ajuster et s’adapter aux changements de la société. C’est pas vrai que porter des tatouages à caractère sexuel est en ligne avec ce qu’on demande de nos gens avec l’Opération HONOUR. Il s’agit d’être cohérent avec les changements de la société».

De Montréal à Bagdad

En tant que commandant de la mission de l’OTAN en Irak, la brigadier-général Carignan qui sera nommée major-général dirigera près de 600 formateurs, conseillers et employés de soutien des pays alliés et des partenaires qui n’appartiennent pas à l’OTAN, dont l’Australie, la Suède et la Finlande, ainsi que jusqu’à 250 militaires des Forces armées canadiennes.

La réforme du secteur de la sécurité est un pan essentiel de la réussite de la stabilisation de l’Irak et de la région.

La mission de l’OTAN en Irak est une mission consultative et de formation non reliée au combat, conçue pour aider à mettre en place des institutions irakiennes de défense et de sécurité plus efficaces et plus durables. Elle est fondée sur le partenariat et l’inclusion, ainsi que sur le plein respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de l’Irak. Elle vise à aider ce pays à renforcer ses écoles et ses institutions militaires et à faire progresser la réforme du secteur de la sécurité.

«C’est vraiment une transition très naturelle. C’est fascinant ! Comme tout soldat je suis en train de refaire mes bases: le maniement des armes… et j’étudie le contexte irakien, la culture, puis je vais faire un tour dans les quartiers général de l’OTAN pour comprendre les intentions et bien comprendre la mission», explique la générale qui ira aussi en Irak prochainement pour rencontrer son prédécesseur Dany Fortin. «J’anticipe cette mission avec beaucoup de respect et d’humilité».