Afghanistan: 63 morts et 182 blessés dans l’attentat contre un mariage à Kaboul

Vue aérienne de la ville de Kaboul, le 3 août 2019 en Afghnistan. (AFP)
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L’attentat qui a visé samedi soir un mariage à Kaboul a tué au moins 63 personnes et en a blessé 182, ont indiqué dimanche matin les autorités.

« Parmi les victimes il y a des femmes et des enfants », a précisé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Nasrat Rahimi.

C’est un des attentats les plus meurtriers depuis le début de l’année en Afghanistan.

« J’étais dans la partie réservée aux femmes quand j’ai entendu une énorme explosion dans la partie réservée aux hommes », a témoigné auprès de l’AFP un participant au mariage, Mohammad Farhag.

« Tout le monde est sorti en courant, en criant et en pleurant. La salle était pleine de fumée. Presque tous ceux dans la partie réservée aux hommes sont morts ou blessés. Deux heures après l’explosion, ils sortent toujours des corps », a dit ce témoin, joint par téléphone.

L’explosion est survenue à 22H40 (18H10 GMT) « dans la salle de mariage Shar Dubai dans l’ouest de Kaboul », avait indiqué samedi soir M. Rahimi sans être alors en mesure de livrer un premier bilan.

Les porte-parole talibans ont nié dimanche matin l’implication du groupe insurgé.

« L’Emirat islamique (appellation que se donnent les talibans, NDLR) condamne fermement l’attentat contre des civils à Kaboul. Commettre de tels assassinats délibérés et brutaux et prendre pour cible des femmes et des enfants n’ont aucune justification », ont tweeté deux porte-parole des talibans.

La branche afghane du groupe Etat islamique (EI), l’autre groupe terroriste qui commet des attentats dans ce pays en guerre, ne s’est pas manifestée.

« Cette explosion est un signe clair que les terroristes ne peuvent pas voir les Afghans exprimer leur bonheur. Vous ne pourrez pas les forcer à s’incliner en les tuant », a tweeté un porte-parole du gouvernement, Feroz Bashari.

Une cible facile

Les mariages afghans, pour lesquels se rassemblent plusieurs centaines d’invités, sont une cible aisée pour des actes terroristes.

Le 12 juillet, au moins six personnes ont été tuées et quatorze blessées lorsqu’un kamikaze s’est fait exploser lors d’une cérémonie dans la province de Nangarhar, dans l’est de l’Afghanistan. L’attaque a été revendiquée par l’organisation jihadiste Etat islamique, qui a une présence croissante dans la région. 

L’attentat de samedi est survenu alors que la population afghane, exaspérée par la violence aveugle, espère la conclusion d’un accord entre les Etats-Unis et les talibans qui ouvrirait la voie à des négociations de paix entre le gouvernement afghan et le groupe insurgé.

Plusieurs sources américaines laissaient entendre ces derniers jours qu’un accord pourrait être imminent, mais certains points restaient à régler.

Le président américain Donald Trump s’est, lui, félicité de la « très bonne réunion » sur l’Afghanistan qu’il a tenue vendredi avec ses plus proches conseillers et ministres.

« Beaucoup dans le camp opposé de cette guerre vieille de 19 ans, et nous-mêmes, envisagent de conclure un accord – si possible! », a tweeté M. Trump.

L’envoyé spécial Zalmay Khalilzad, à la tête de l’équipe de négociation américaine, pourrait à nouveau se rendre dans la région dans les prochains jours afin de poursuivre, voire finaliser, les négociations.

Dans le cadre de l’accord envisagé, les Etats-Unis commenceraient à retirer d’Afghanistan les quelque 14.000 militaires américains qui y sont déployés.

M. Trump dit depuis le début de sa présidence qu’il souhaite le départ des troupes américaines du pays, où Washington a dépensé depuis 2001 plus de 1.000 milliards de dollars pour les opérations militaires et la reconstruction.

En contrepartie du retrait américain, les talibans prendraient plusieurs engagements relatifs à la sécurité, en particulier celui que les miliciens islamistes, qui ont longtemps hébergé Al-Qaïda, ne permettraient pas que l’Afghanistan redevienne un abri pour les jihadistes.