Au Yémen, le torchon brûle entre le pouvoir et les Emirats

Des membres des forces séparatistes sudistes au Yémen font le V de la victoire à bord d'un char sur la périphérie de la province d'Abyane, voisine de celle d'Aden, le 29 août 2019
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Les Emirats arabes unis et le pouvoir au Yémen ont échangé des accusations au sujet des combats entre séparatistes sudistes et armée à Aden, fragilisant davantage leur alliance contre les rebelles Houthis dans le pays en guerre.

Les Emirats sont l’un des piliers d’une coalition militaire commandée par l’Arabie saoudite qui soutient militairement depuis 2015 le pouvoir au Yémen face aux Houthis qui se sont emparés de vastes régions du nord du pays, y compris la capitale Sanaa.

Mais depuis début août, un nouveau front s’est ouvert dans la guerre: des combats ont éclaté entre les forces gouvernementales et les séparatistes qui ont pris le contrôle d’Aden (sud), le pouvoir accusant ouvertement les Emirats d’aider militairement ces séparatistes notamment avec des raids aériens contre ses troupes. 

Aden est devenue la « capitale provisoire » du pouvoir après que les Houthis ont pris Sanaa. Les séparatistes ont dit jeudi avoir repris Aden aux loyalistes qui la contrôlaient mercredi. La ville avait été conquise une première fois le 10 août par les séparatistes. 

Vendredi, les Emirats ont confirmé avoir mené cette semaine des raids aériens contre des cibles à Aden, mais ont dit avoir visé des « milices terroristes » et agi en « légitime défense ».

Dans la narration des événements, Abou Dhabi et le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi ont fourni deux versions diamétralement opposées.

Dans leur communiqué, les Affaires étrangères émiraties ont indiqué que les forces gouvernementales qui avaient tenté de prendre Aden aux séparatistes comprenaient des « terroristes ». Les raids ont visé des « éléments appartenant à des groupes terroristes qui ont attaqué les forces de la coalition dans l’aéroport d’Aden ».

Les Emirats, qui ont une tolérance zéro envers les islamistes, considèrent qu’une partie de l’armée du gouvernement de M. Hadi est formée de militants d’al-Islah, un parti yéménite considéré comme proche des Frères musulmans.

Planifier, financer et coordonner

Le vice-président yéménite, Ali Mohsen al-Ahmar, est considéré lui même comme proche de la mouvance islamiste.

La version des faits des Emirats a été confortée par leur allié yéménite, le chef du Conseil de transition du sud (STC – séparatiste), Aidarous al-Zoubaïdi.

Lors d’une conférence de presse dans la nuit de jeudi à vendredi à Aden, il a affirmé que ses hommes avaient  capturé parmi les « assaillants » qui ont attaqué la ville des « terroristes recherchés par la justice internationale », sans autre précision.

En face, le gouvernement de M. Hadi a accusé les Emirats d’avoir planifié, financé et coordonné l’action des séparatistes.

« Les milices (séparatistes) rebelles ont attaqué toutes les institutions de l’Etat et ses positions militaires à Aden avec le soutien, le financement et la planification des Emirats », a dit M. Hadi dans un communiqué publié tard jeudi.

Il faisait référence à la première conquête d’Aden par les séparatistes le 10 août.