Le Canada ne «cèdera pas» face à la Chine, prévient Trudeau, Pékin réplique, Washington réitère son appui

e Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) accueillait le 21 août 2019 le premier ministre JustinTrudeau, accompagné de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland ⁩ afin de parler des défis de la politique étrangère canadienne. [Twitter/@corim_mcfr]
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Alors que le premier ministre Justin Trudeau a prévenu mercredi que le Canada ne «cèdera pas» face à la Chine, les deux pays traversant une grave crise diplomatique depuis l’arrestation d’une dirigeante de Huawei en décembre, le gouvernement chinois a répliqué jeudi que le Canada est responsable de la dégradation des relations.


Mise à jour 22/08/2019, 15h00

Le secrétaire d’état américain, Mike Pompeo, qui rencontrait le premier ministre Justin Trudeau dans son bureau à Ottawa jeudi matin, réitère la promesse d’aide américaine pour faire libérer les deux Canadiens détenus en Chine: «Notre équipe est déterminée à aider à la libération de ces deux Canadiens. La Chine doit respecter ses engagements. Nous nous attendons à cela. Nous y travaillons avec assiduité. Il est injuste qu’ils soient détenus», a déclaré le secrétaire d’État lors d’une brève apparition des deux hommes devant les caméras.

La crise au Venezuela est également à l’ordre du jour de la visite de M. Pompeo au Canada. La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, sera l’hôte de M. Pompeo pour le reste de la journée.


M. Trudeau a par ailleurs une nouvelle fois appelé les autorités chinoises à la retenue face aux manifestants à Hong Kong, alors même que Pékin a sommé Ottawa d’arrêter de «s’immiscer» dans les affaires internes chinoises.

«Nous devons reconnaître que la Chine est une puissance en expansion, qui cherche de plus en plus à asseoir sa place sur la scène internationale », a déclaré M. Trudeau lors d’un discours devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).  

«Mais ne vous y trompez pas : nous défendrons toujours les Canadiens et leurs intérêts», a-t-il martelé.

«Depuis très longtemps, nous avons l’habitude de traiter directement, et avec succès, avec des partenaires plus importants. Nous ne cherchons pas l’escalade, mais nous ne céderons pas non plus».

L’arrestation à Vancouver début décembre d’une dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis qui réclament son extradition,  a provoqué une crise diplomatique sans précédent entre Ottawa et Pékin.

La Chine a arrêté depuis l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig et son compatriote consultant Michael Spavor, qu’elle soupçonne d’espionnage, et suspendu les importations de colza et de viande canadienne.

Concernant Hong Kong, M. Trudeau a dit suivre de près l’évolution de la situation et le sort des quelque 300 000 ressortissants canadiens qui y résident.

«Avec des partenaires étrangers, nous avons souligné la nécessité de faire preuve de retenue et de rejeter toute violence », a-t-il insisté. « L’heure est venue de lancer un dialogue et de respecter les libertés fondamentales, notamment le droit à se rassembler de façon pacifique».

Justin Trudeau est régulièrement accusé par l’opposition conservatrice de mollesse face à Pékin. La crise avec la Chine devrait être au centre de la prochaine campagne électorale.

Le Canada responsable de la dégradation des relations, répond Pékin

Le Canada est responsable de la dégradation des relations avec la Chine, a estimé jeudi le gouvernement chinois, en réponse aux déclarations du premier ministre Justin Trudeau qui a averti qu’Ottawa refusait de «céder» à Pékin.

«Les relations sino-canadiennes traversent de graves difficultés. La responsabilité en revient entièrement au Canada», a déclaré devant la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.

M. Geng était interrogé sur les propos du premier ministre canadien Justin Trudeau, qui a prévenu mercredi que son pays ne cèderait pas à la Chine. Pékin exige la libération de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, arrêtée à Vancouver en décembre à la demande des États-Unis, qui réclament son extradition.

«Nous appelons le Canada à réfléchir à ses erreurs, à prendre au sérieux la position solennelle et les inquiétudes de la Chine et à libérer immédiatement Meng Wanzhou», a déclaré le porte-parole chinois.

Depuis l’arrestation de Mme Meng, la Chine a arrêté l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig et son compatriote consultant Michael Spavor, qu’elle soupçonne d’espionnage. Ottawa juge ces arrestations arbitraires et exige la libération des deux hommes.

M. Geng a par ailleurs rejeté à nouveau toute ingérence étrangère à propos des manifestations à Hong Kong, alors que M. Trudeau a dit mercredi suivre de près la situation dans l’ex-colonie britannique.

«Le Canada n’est pas bien placé» pour faire des commentaires sur les affaires de Hong Kong, a-t-il déclaré.