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Tout au long du mois d’août, alors que la mission des Forces armées canadiennes au Mali prend fin graduellement, 45eNord.ca fait le point avec certains des membres déployés sur cette mission qui est tout, sauf ordinaire.

La mission centrale des quelques 250 militaires est d’offrir à la MINUSMA la capacité d’évacuer des forces de l’ONU par les airs pour des raisons médicales, et ce, en tout temps. Les membres des FAC soutiennent également le quartier général de la MINUSMA. Si la chose est possible, les FAC offrent aussi des services de transport de troupes, de matériel et de marchandises et du soutien logistique.

Pour les capitaines Antoine Labranche et Pascal Proulx, pilotes de Griffon au 430e escadron tactique d’hélicoptères de Valcartier, cette mission de plus de six mois aura été «exceptionnelle» et une «excellente opportunité».

Jusqu’à la limite

Le capitaine Labranche s’est déployé il y a deux ans dans le nord de l’Irak, du côté de Erbil. «Le sable ici ça rend les choses beaucoup plus difficile qu’en Irak», estime-t-il. «On a vraiment poussé nos machines et on a vu les limites de notre Griffon, soit en raison de la chaleur ou du poids ou encore lorsque l’on volait de nuit avec le sable partout. C’est vraiment différent de l’Irak, un environnement pas mal plus austère encore».

Si les médias et même les Forces armées canadiennes ont beaucoup mis de l’avant la capacité des Chinook et l’équipe aéromédicale embarquée, les équipages des hélicoptères Griffon n’ont pas à rougir de leur contribution… bien au contraire.

Il faut dire que le tempo des opérations a fait en sorte que les journées de travail pouvaient être de 14, voire 16 heures ! «On a donné du support aux Allemands, aux Néerlandais, aux équipes médévacs, on a fait des missions d’escortes, de reconnaissance, de préparation à l’appui feu, de transport de troupes, des entraînements… et dans ma position j’avais beaucoup de visites et d’événements de visibilité avec des alliés… sans compter les Nations Unies qui demandaient beaucoup [de travail] d’administration».

Il estime que les Griffon ont d’ailleurs volé près du double des Chinook durant cette mission.

«On a atteint un état de préparation vraiment élevé, avec cette nouvelle équipe médicale intégrée et cela s’est fait de manière fluide… l’intégration de tous ces gens-là, de cultures militaires différentes, d’entraînements différents, dans une seule et même équipe avec la même méthode de pensée, c’est vraiment impressionnant ce qui a été accompli ici», d’affirmer le capitaine Labranche.

Il explique également qu’après chaque mission, tout le monde prenait le temps de se réunir pour voir ce que chacun pouvait mieux faire pour faciliter encore plus le travail des autres.

Haboob

«Je vais vraiment me rappeler de cette mission! C’est l’extrême de l’extrême ici… au début j’y croyais pas, mais quand on à affaire à un haboob [violente tempête de sable, NDLR] et qu’on n’y voit qu’à 25 ou 30 pieds, c’est très dangereux ! Les conditions étaient très difficiles.»

C’est d’ailleurs dans cette situation délicate dans laquelle s’est retrouvée le capitaine Pascal Proulx. «J’ai eu la chance d’aller sur une évacuation médicale, mais on s’est fait prendre par un haboob. On a réussi à faire notre mission, et on a atterrit à Gao juste avant qu’on soit vraiment dans le trouble !».

Du haut des airs on pouvait voir s’étendre sur plus de 100 miles nautique la tempête avec des orages, des éclairs, c’était vraiment spectaculaire ! On s’émerveille devant un phénomène de la nature aussi impressionnant, mais on a aussi cette sensation du risque qui augmente avec l’adrénaline qui va avec», explique le pilote.

«Cela fait seulement deux ans que j’ai eu mes ailes, alors je suis content de l’opportunité. Les manœuvres sont diversifiées, il y a une vaste gamme d’opérations que l’on a pas au Canada comme lorsqu’on pousse les machines à leurs limites à cause des températures, du poids, et ce, quasiment à chaque vol. Savoir les limites de la machine, c’est ça qui fait de nous de meilleurs pilotes», affirme le capitaine Proulx.

Il estime que le sable pardonne moins que la neige pour les atterrissages. Ainsi, à Valcartier il y a beaucoup d’accumulations de neige l’hiver et les pilotes sont habitués aux phénomènes obscurants lorsque la neige se met à voler partout et obscurcir la visibilité. «Mais la poussière de sable, ça reste beaucoup plus longtemps dans les airs et la machine réagit en plus beaucoup mieux dans le froid que dans le chaud».

DEUXIÈME ARTICLE SUR LA FIN DE L’OPÉRATION PRÉSENCE AU MALI, MERCREDI 14 AOÛT, 18H (ÉQUIPES MÉDICALES)