Pologne: 80 ans après, la commémoration de l’attaque nazie avec Merkel mais sans Trump

La chancelière allemande Angela Merkel le 24 août 2019 à Biarritz en France. [AFP]
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Suite au retrait de Donald Trump, la chancelière Angela Merkel sera le seul dirigeant étranger important à assister aux cérémonies du 80e anniversaire du début de la deuxième guerre mondiale, dimanche à Varsovie.

Ni le président français Emmanuel Macron ni le Premier ministre britannique Boris Johnson ne feront le déplacement pour commémorer le début d’un conflit qui a fait entre 40 et 60 millions de morts, dont six millions de Juifs, en majorité victimes de l’Holocauste perpétré par les nazis allemands.

Le président américain a expliqué qu’il devait rester dans son pays en raison de l’ouragan Dorian qui menace la Floride.

Les Etats-Unis – considérés par le gouvernement conservateur nationaliste de Varsovie comme son allié le plus important, proche aussi en raison de l’euroscepticisme commun aux deux parties – seront représentés par le vice-président Mike Pence.

Le président Vladimir Poutine n’a pas été invité, à cause de l’annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée. La  diplomatie polonaise a également expliqué cette décision par le choix de Varsovie de convier seulement les pays membres de l’Otan, de l’UE et du Partenariat oriental.

Pourtant, la commémoration « aurait dû être un événement qui rassemble », a dit l’analyste polonais Marcin Zaborowski, estimant que Varsovie aurait dû inviter M. Poutine et s’efforcer de faire venir d’autres dirigeants étrangers au lieu de se concentrer uniquement sur le président américain. 

« Il a annulé (sa venue) et toute l’affaire semble perdre de son importance », a-t-il déclaré à l’AFP

Selon la présidence polonaise, environ 40 délégations étrangères sont attendues, dont la moitié conduites par des chefs d’Etat.

Parmi ces derniers figure le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dont la présence compte pour la Pologne, convaincue que sa sécurité dépend du maintien de l’Ukraine hors de la zone d’influence de Moscou.

Bombardement à l’aube

L’agression allemande a commencé le 1er septembre à l’aube avec le bombardement naval de la garnison de Westerplatte sur la côte de la Baltique et aérien de la petite ville de Wielun. 

Dimanche entre 4h00 et 5h00 du matin, les présidents polonais Andrzej Duda et allemand Frank-Walter Steinmeier participeront à une cérémonie à Wielun, tandis que le Premier ministre Mateusz Morawiecki et le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans seront à Westerplatte.

Peu après 12H00, M. Pence, précédé par les présidents polonais et allemand, prononcera un discours devant le Tombeau du Soldat Inconnu, dans le centre de Varsovie. 

Le 3 septembre 1939, la France et la Grande-Bretagne, alliées de la Pologne, ont déclaré la guerre à l’Allemagne, mais sans lancer d’opérations importantes. Le 17 septembre, l’URSS attaquait l’est de la Pologne.

L’Union Soviétique est à son tour attaquée par les nazis le 22 juin 1941. La guerre s’est poursuivie entre les Alliés, rejoints par l’URSS et les Etats-Unis, et l’axe germano-italo-japonais, finalement défait en 1945.

Mille soldats

Le chef de cabinet du président polonais, Krzysztof Szczerski, a déclaré vendredi que la visite de M. Trump n’avait pas été pas annulée, mais ajournée. Les dirigeants polonais, a-t-il expliqué, comprennent les raisons pour lesquelles M. Trump a été contraint de rester aux Etats-Unis, préoccupé par les risques de destruction que fait peser sur la Floride l’ouragan Dorian. 

Le président américain devait signer à Varsovie une déclaration concernant le déploiement à venir en Pologne de mille soldats américains supplémentaires, devant rejoindre près de 5000 hommes déjà sur place, dans le cadre d’un dispositif de l’Otan, notamment. 

Le ministre polonais de la Défense Mariusz Blaszczak a indiqué que la signature de ce document interviendrait lors de la prochaine venue de M. Trump

L’ancien Premier ministre polonais de gauche Leszek Miller a estimé que la non venue du président des Etats-Unis constituait un mauvais coup pour le parti conservateur au pouvoir Droit et Justice (PiS), à six semaines des législatives du 13 octobre.  

« Le PiS voulait faire de cette visite un élément clé de sa campagne de propagande », a-t-il affirmé.

Robert Biedron, chef du parti progressiste Wiosna (Printemps), a critiqué le PiS pour avoir tout misé sur le rapprochement avec les Etats-Unis au détriment des alliés européens. 

« C’était une erreur, cela nous a complètement marginalisés au sein de l’UE », a-t-il déclaré.