Portez cet uniforme avec fierté et honneur ou allez-vous-en !

Les membres du contingent des Forces armées canadiennes se rendent au premier jour de la marche de Nimègue aux Pays-Bas, le 16 juillet 2019. Ici, le Régiment de la Chaudière. (Sgt Pierre Thériault)
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Une nouvelle situation malheureuse qui impliquerait un membre des Forces armées canadiennes (de la Réserve) dans un groupe radical de Winnipeg prônant la haine, la discrimination, la violence et le harcèlement, a été divulguée par les Forces armées canadiennes.

Pouvez-vous me dire qu’est-ce qui peut bien passer par la tête des personnes qui portent l’uniforme militaire canadien et qui osent s’associer à de tels groupes ?

Les valeurs prônées par les Forces armées canadiennes et inculquées dès l’enrôlement aux militaires ne vont aucunement de pair avec celles des groupes radicaux. Même son de cloche, sur le plan des objectifs et de la mission, les Forces armées canadiennes et les groupes radicaux sont aux antipodes. C’est un peu comme si la personne était Dr Jekyll et M. Hyde en faisant le bien lorsqu’il porte son uniforme et en prônant le mal lorsqu’il ne le porte pas.

Par contre, une personne qui s’enrôle dans les Forces armées canadiennes est reconnue être en service 24 heures par jour, 7 jours par semaine et 365 jours par année, qu’il porte ou non l’uniforme. Pour l’institution militaire, le sacrifice de soi représente l’expression ultime d’appartenance.

Ce qui est le plus inquiétant est que la «boussole morale» de ces individus qui portent l’uniforme et qui joignent les groupes radicaux semble indéniablement avoir perdu le Nord ?

La boussole morale représente un «[…] sens intérieur qui distingue ce qui est juste de ce qui est mauvais, fonctionnant comme un guide (comme l’aiguille d’une boussole) pour un comportement moralement approprié».

Qui plus est, aujourd’hui, la mise en avant-plan des situations déplorables est plus facile que jamais grâce aux médias sociaux et elles peuvent se répandre comme une traînée de poudre. L’image des Forces armées canadiennes et du Canada est toujours en mode alerte.

Nous avons le privilège au Canada d’avoir des militaires très bien entraînés, disciplinés, qui font honneur à notre pays et qui contribuent directement à un monde meilleur. C’est donc sérieusement embarrassant d’apprendre que des personnes qui portent l’uniforme militaire, s’associent à des groupes radicaux ! Ces personnes viennent directement brimer l’image d’excellence des Forces armées canadiennes et par de faits même, du Canada !

Cette situation déplorable m’amène à glisser un mot sur la demande d’une enquête sur le racisme dans les Forces armées canadiennes à l’ombudsman des Forces canadiennes et de la Défense nationale de la part du ministère de la Défense nationale. De mon point de vue, cette requête est pleinement partisane surtout qu’elle est faite à moins de 1,5 mois du déclenchement des élections fédérales.

Pourquoi à ce moment-ci lorsque le ministre est en poste depuis maintenant près de 4 ans et que cette demande n’est pas motivée par aucun incident en particulier ? Si cette enquête était vraiment nécessaire, n’aurait-il pas eu lieu de la considérer au moment des événements de l’été 2017 où des marins de la Marine royale canadienne associés aux «Proud Boys» avaient perturbé une cérémonie autochtone à Halifax ? J’ai plusieurs questions sans réponse face à cette requête tout particulièrement que je suis d’avis que les Forces armées canadiennes traitent promptement et efficacement toutes les situations impliquant des comportements ou des propos racistes avec les outils à leur disposition (règlements, ordonnances, directives, lois).

Alors, à ceux et celles qui portent l’uniforme militaire canadien et dont la boussole morale pourrait être endommagée ou faire défaut, je vous invite fortement à faire une importante prise de conscience et à faire preuve de jugement. Si vous n’êtes pas en mesure de porter cet uniforme avec honneur et fierté alors, allez-vous-en et demandez votre libération, car être militaire ne peut en aucun cas être associé avec être radical. Le racisme n’a pas sa place autant dans notre société que dans les Forces armées canadiennes.