Pyongyang enchaîne les tirs de missiles, «pas de problème» pour Trump

Missile nord-coréen. (KCNA)
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Donald Trump a donné jeudi son approbation tacite aux tirs de missiles nord-coréens de courte portée en affirmant jeudi depuis la Maison-Blanche que les récents essais menés par Pyongyang ne lui posaient «pas de problème».  

«Nous verrons ce qu’il se passera, mais les missiles de courte portée sont très communs», a avancé le président américain. «Nous ne nous sommes jamais accordés (avec la Corée du Nord) sur les missiles de courte portée».

«Nous n’en avons jamais parlé. Nous avons parlé de nucléaire», a-t-il ajouté. «De nombreux autres pays testent ce genre de missiles».

Au moment même où il s’exprimait face à des journalistes dans les jardins de la Maison-Blanche, l’agence sud-coréenne Yonhap, citant l’état-major de l’armée sud-coréenne, rapportait le tir par Pyongyang de nouveaux projectiles non identifiés de courte portée.

Selon l’armée sud-coréenne, la Corée du Nord avait déjà lancé mercredi deux missiles balistiques, quelques jours après les tirs de deux autres missiles de courte portée pour protester contre des exercices militaires conjoints prévus entre Séoul et Washington.

Il s’agissait alors des premiers essais de missiles depuis la rencontre historique en juin entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un dans la Zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corées.  

Le président américain avait déjà déclaré en mai après des tirs nord-coréens que les missiles de courte portée étaient « quelque chose de très standard » et qu’il ne considérait pas cela « comme une rupture dans la relation de confiance » avec Pyongyang.  

Le leader de la Corée du Nord Kim Jong Un marche avec le président américain Donald Trump du côté nord de la frontière intercoréenne dans la zone démilitarisée de Panmunjom le 30 juin 2019. (AFP)

«Préoccupation» européenne

Des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU interdisent à la Corée du Nord, qui possède l’arme nucléaire, de procéder à des tirs d’armes balistiques.

À l’issue d’une réunion à huis clos du Conseil, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont exhorté jeudi Pyongyang à «prendre des mesures concrètes en vue de sa dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible». Les Européens craignent que le régime reclus ne développe des armes plus avancées.

«De sérieux efforts de la part de la Corée du Nord pour renouer le dialogue diplomatique et progresser sur la voie de la dénucléarisation sont la meilleure façon de garantir la sécurité et la stabilité de la péninsule coréenne», ont insisté Londres, Paris et Berlin dans une déclaration commune, à laquelle ne s’est pas associée Washington.  

La France avait déjà fait part mercredi de sa «grande préoccupation» après les nouveaux tirs de missiles par la Corée du Nord, l’appelant à «reprendre au plus vite» les négociations avec les États-Unis sur la dénucléarisation.

Pyongyang et Washington sont engagés depuis plus d’un an dans un processus diplomatique pour régler la question des programmes nucléaire et balistique nord-coréens.

Ce dialogue a été marqué par trois rencontres entre Donald Trump et Kim Jong-un. D’abord à Singapour, en juin 2018, puis en février dernier à Hanoï, où leur sommet s’était achevé sur une impasse.  

Les deux hommes avaient cependant convenu en juin, lors de leur entrevue impromptue dans la Zone démilitarisée, de reprendre les discussions.

Mais cet engagement ne s’est pas concrétisé et Pyongyang a averti récemment que le processus pourrait échouer si des manoeuvres militaires communes entre Washington et Séoul se déroulaient comme prévu au mois d’août en Corée du Sud.

Près de 30 000 soldats américains sont déployés dans le pays. Les exercices annuels qu’ils mènent avec des dizaines de milliers de soldats sud-coréens ne manquent jamais d’irriter la Corée du Nord, qui les considère comme la répétition générale d’une invasion de son territoire.

Un haut responsable du Pentagone a indiqué mercredi que ces projets d’exercices conjoints étaient maintenus malgré les avertissements de Pyongyang.