Syrie: une femme et ses six enfants tués dans des raids du régime, selon une ONG

Des secouristes syriens bénévoles des Casques blancs, transportent une personne sortie des décombres après des raids du régime sur le village de Dayr Sharqi, dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, le 17 août 2019. [AFP]
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Une femme et six de ses enfants ont été tués samedi dans des raids du régime dans le nord-ouest syrien, a rapporté une ONG, au lendemain de bombardements de Damas et de son allié russe sur un camp de déplacés de cette même région.

Un photographe collaborant avec l’AFP a vu des hommes transporter les corps de deux enfants, l’air hagard, après ces raids sur le village de Dayr Sharqi, dans le sud de la province d’Idleb, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Un cadavre d’enfant couvert de poussière a été sorti des décombres et des secouristes tentaient d’extraire une autre dépouille.

Le bilan pourrait s’alourdir, eu égard au nombre de blessés, d’après l’ONG.

Depuis fin avril, des centaines de personnes ont été tuées dans la région d’Idleb, dominée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda) et pilonné par Damas et Moscou.

Vendredi, 15 civils, dont six enfants, ont été tués dans des raids aériens de Damas et Moscou, notamment sur un camp de déplacés, dans le sud d’Idleb, d’après l’OSDH.

Mentionnant les raids contre le camp de déplacés, le ministère des Affaires étrangères français a condamné dans un communiqué les « frappes aériennes sans discernement du régime et de ses alliés à Idleb » et appelé à « une cessation immédiate des hostilités ».

Depuis plusieurs jours, les forces prorégime ont progressé sur le terrain et espèrent reprendre la ville de Khan Cheikhoun, située sur l’autoroute qui traverse Idleb, reliant Damas à Alep (nord), toutes deux sous contrôle gouvernemental.

HTS contrôle depuis janvier la majorité de la province d’Idleb et des secteurs des provinces voisines de Hama, Alep et Lattaquié, où des groupes rebelles sont présents.

La région d’Idleb a fait l’objet d’un accord sur une « zone démilitarisée » conclu en septembre 2018 par Ankara, parrain des rebelles, et Moscou. Mais celui-ci n’a été que partiellement appliqué, les jihadistes ayant refusé de se retirer.

Depuis avril, les raids du régime et de la Russie ont tué plus de 850 civils, d’après l’OSDH. Plus de 400.000 personnes ont été déplacées, selon l’ONU qui craint une « catastrophe » humanitaire.

D’après des correspondants de l’AFP, des dizaines de familles ont fui ces derniers jours vers le nord, à bord de camions chargés d’effets personnels. 

Déclenchée en 2011 après la répression meurtrière par le régime de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés.