Temps de lecture estimé : 2 minutes

Les Forces armées canadiennes ont publié un nouveau CANFORGEN mettant en place une nouvelle directive sur ce qui est acceptable ou non en matière de tatouages.

L’institution fédérale, qui regroupe plus de 100 000 militaires et 25 000 employés civils, lutte depuis plusieurs années maintenant contre les comportements sexuels inappropriés (Opération HONOUR) et plus généralement contre les discriminations raciales ou visant les minorités religieuses ou spirituelles, la communauté LGBTQ2+, etc.

En interview pour 45eNord.ca ce mardi 13 août, l’adjudant-chef des Forces armées canadiennes, l’adjudant-chef Alain Guimond, a expliqué que la question du pourquoi cette directive devait être faite s’est poser dès le début. «On s’est posé la question. Il y a eu d’autres CANFORGENS dans la dernière année et on croit qu’il faut plus de clarité dans nos directives, ce qu’on a droit et ce qu’on n’a pas droit».

Depuis le 26 septembre 2012, le guide de 248 pages d’instructions sur la tenue des Forces armées canadiennes mentionne déjà que les membres du personnel ne doivent pas arborer «de tatouages visibles sur la tête, le visage ou les oreilles».

De plus, ils ne devaient pas porter de tatouages «qui sont visibles lorsqu’ils sont en uniforme ou en tenue civile» et qui pourraient être jugés offensants — «des tatouages pornographiques, blasphématoires, racistes ou comportant du langage ou des images vulgaires, par exemple». Ces tatouages visibles ne devaient pas «jeter le discrédit» sur l’armée canadienne.

Ces instructions se référaient donc uniquement aux tatouages visibles et ne touchaient donc pas ceux qui étaient cachés.

Dorénavant, les nouvelles règles, écrites dans le CANFORGEN 121/19 autorisent les tatouages dans le cou.

Elles interdisent cependant ces tatouages offensants, qu’ils soient visibles ou non, mais aussi ceux liés à des activités criminelles telles que les gangs, tout comme ceux qui encouragent ou expriment une discrimination au sens de la Loi canadienne sur les droits de la personne — y compris la haine, la violence, la discrimination ou le harcèlement.

Il sera également interdit aux militaires de porter un tatouage s’ils savent — ou devraient savoir — qu’il comporte un message raciste, sexiste, misogyne, xénophobe, homophobe, discriminatoire à l’égard des personnes handicapées ou sexuellement explicite.

Avertissement: les tatouages de femmes dénudées ou de pin-up rentrent dans cette catégorie!

En cas de doute, les militaires auront donc intérêt à demander à leur chaîne de commandement si leur tatouage est acceptable, car, dans le cas contraire, ils pourraient devoir supprimer ou modifier le tatouage à leurs frais, sinon, à défaut de quoi, ils s’exposeront à des mesures administratives ou disciplinaires.

L’adjudant-chef Guimond a précisé sans détour que celles et ceux qui refusent catégoriquement de se conformer aux nouvelles directives peuvent s’attendre à recevoir une libération des Forces armées canadiennes.

Ces règles doivent rendre aussi la tâche beaucoup plus facile aux commandants qui auront une base sur laquelle prendre une décision.

Quant à celles et ceux qui souhaitent s’enrôler dans les Forces armées canadiennes, mais portent un tatouage interdit, ils seront uniquement considérés une fois que le tatouage aura été modifié ou supprimé.

«Le but principal c’est de clarifier les directives, être en ligne avec tout ce qu’on a sorti récemment et dans la direction que les Forces cherchent à aller [en luttant contre les comportements inappropriés] et réenforcer ce qu’on a déjà accompli», de conclure l’adjudant-chef.