Washington va maintenir 8600 soldats en Afghanistan après un accord avec les talibans

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Des soldats américains dans la province afghane d'Helmand, le 27 août 2017. (AFP)
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Les États-Unis vont maintenir 8600 soldats en Afghanistan une fois que l’accord actuellement négocié avec les talibans pour tenter de mettre fin à 18 ans de guerre sera signé, a annoncé jeudi Donald Trump.  

«On va réduire nos effectifs à 8600 et ensuite on verra à partir de là», a déclaré le président américain lors d’une interview sur la radio de Fox News. « Nous allons toujours avoir une présence » en Afghanistan, a-t-il ajouté.

Entre 13 000 et 14 000 militaires américains sont actuellement déployés dans ce pays où les États-Unis sont intervenus en 2001 pour traquer le réseau djihadiste Al-Qaïda, responsable des attentats du 11 septembre 2001, et déloger les talibans alors au pouvoir à Kaboul.

Depuis, les talibans n’ont jamais cessé leur insurrection et les forces américaines ont atteint jusqu’à 98 000 soldats au plus fort des combats, en 2011.

Le milliardaire républicain a également assuré qu’en cas de nouvelle attaque contre les États-Unis ourdie depuis l’Afghanistan, Washington reviendrait «avec une force» plus importante «que jamais auparavant».

Donald Trump s’est engagé à tourner la page de cette «guerre sans fin». Les États-Unis mènent depuis un an des négociations directes inédites avec les talibans, qui sont entrées dans leur dernière ligne droite à Doha, au Qatar.

Au cœur de l’accord négocié, un retrait militaire plus ou moins important des Américains, avec un calendrier à la clé, en échange de l’engagement des insurgés à faire en sorte que les territoires qu’ils contrôlent ne soient plus utilisés par Al-Qaïda ou d’autres groupes « terroristes ».

Des négociations de paix interafghanes doivent aussi s’ouvrir dans la foulée d’un éventuel accord entre Washington et les talibans.

Le président américain a insisté sur le fait que le retrait ne serait pas total, avec le maintien d’une force capable de fournir «des renseignements de haut niveau». «Il faut maintenir une présence», a-t-il dit.

« Proche d’un accord »

Près de 2300 militaires américains sont morts et plus de 20 400 ont été blessés en Afghanistan depuis fin 2001, lorsqu’une coalition internationale menée par les États-Unis a chassé les talibans du pouvoir. (Thomas Watkins/AFP)

Des négociations de paix interafghanes doivent aussi s’ouvrir à Oslo dans la foulée d’un éventuel accord entre Washington et les talibans, ces derniers acceptant pour la première fois de discuter directement avec le gouvernement de Kaboul. Enfin, un cessez-le-feu entre insurgés et Américains, ou en tout cas une « réduction de la violence », devrait figurer dans le texte.

Les talibans ont affirmé mercredi être « proches d’un accord » avec les Etats-Unis. Un responsable du département d’Etat américain a aussi fait état de « progrès », sans toutefois être en mesure de prédire quand les « questions en suspens » seraient résolues.

Le négociateur américain, Zalmay Khalilzad, devrait quitter Doha pour se rendre à Kaboul et présenter aux dirigeants afghans le contenu de l’accord, mais ce déplacement, dans l’air depuis quelques jours, semble avoir été repoussé.

Les détails de l’accord seront cruciaux aux yeux de ceux, dans la classe politique américaine et parmi les observateurs, qui redoutent que Donald Trump conclue un « mauvais accord » afin de hâter le départ des troupes avant de briguer un second mandat à la Maison Blanche en novembre 2020.

Le calendrier du retrait avant tout. Si le président a évoqué le maintien de 8.600 hommes, il n’a rien dit de la suite. Ces derniers jours, la diplomatie américaine a semblé lier la réduction ultérieure du nombre de soldats à une vraie accalmie sur le terrain, voire aux avancées dans les discussions interafghanes.

Nombre d’élus, dont le sénateur républicain Lindsey Graham qui se targue d’avoir l’oreille du président, plaident pour que Washington conserve une véritable force contreterroriste en Afghanistan, pour éviter notamment que le groupe jihadiste Etat islamique n’en fasse son nouveau bastion. Et plusieurs experts s’inquiètent de voir l’administration Trump se satisfaire des engagements des talibans sans réelles garanties.

« Tout accord, s’il est conclu, fera l’objet d’une vérification rigoureuse », a réagi jeudi un porte-parole du département d’Etat américain. « L’accord auquel nous travaillons n’est pas basé sur la confiance », a-t-il dit à l’AFP.

Il a également prévenu que les talibans subiraient « de graves conséquences en cas de violations de leurs engagements ».

Dans les termes de Donald Trump, l’avertissement est encore plus clair: en cas de nouvelle attaque contre les Etats-Unis ourdie depuis l’Afghanistan, Washington reviendrait « avec une force » plus importante « que jamais auparavant ».