Attaque de drones en Arabie saoudite: l’Iran réfute les accusations

Capture écran d'une vidéo AFPTV montrant une colonne de fumée s'élever du site pétrolier d'Abqaiq en Arabie saoudite, le 14 septembre 2019. (AFP)
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L’Iran qualifie d’«insensées» les accusations du secrétaire d’État américain Mike Pompeo tenant la République islamique pour responsable d’une attaque de drones contre des installations pétrolières saoudiennes revendiquée par des rebelles yéménites.

«Des accusations et remarques aussi stériles et aveugles sont incompréhensibles et insensées», a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Moussavi, laissant entendre qu’elles avaient pour but de justifier «des actions futures» contre l’Iran.

Une attaque de drones revendiquée par les rebelles yéménites a provoqué samedi des incendies dans deux installations pétrolières du groupe Aramco en Arabie saoudite, obligeant ce pays, premier exportateur mondial d’or noir, à réduire temporairement de moitié sa production.

L’attaque a été condamnée «fermement» par la Maison-Blanche et M. Pompeo a accusé l’Iran d’avoir «lancé une attaque sans précédent contre l’approvisionnement énergétique mondial».

Pour M. Moussavi, ces remarques sont destinées à «écorner la réputation d’un pays afin de créer un cadre pour de futures actions contre lui».

Faisant référence à la politique de «pression maximale» menée par Washington contre l’Iran, M. Moussavi a estimé dans un communiqué transmis à la presse que les États-Unis avaient «apparemment transformé (celle-ci en politique de) “mensonge maximum” du fait de leurs échecs».

«Si nous voulons qu’il y ait une réelle sécurité dans la région, la solution est de faire cesser l’agression américaine», a déclaré le président iranien Hassan Rohani.

Les tensions entre les deux pays sont exacerbées depuis que les États-Unis se sont retirés unilatéralement en 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, avant de rétablir des sanctions économiques contre Téhéran.

La situation a menacé de tourner à l’affrontement militaire direct en juin, après que la République islamique eut abattu un drone américain. Selon Téhéran, l’appareil avait violé l’espace aérien iranien, ce que Washington dément.

Amirali Hajizadeh, commandant de la branche aérospatiale des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, a pour sa part estimé dimanche que les tensions actuelles, «avec des forces qui se font face sur le terrain», pouvaient contribuer au déclenchement d’un conflit armé, selon l’agence Tasnim, proche des ultraconservateurs.

Le général de brigade a ajouté que l’Iran était «toujours préparé pour une guerre totale». Mais «ni nous, ni les Américains ne voulons une guerre», a-t-il dit, reprenant le discours officiel iranien.